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Justice Criolla

Francisco Brancatti

Justicia Criolla

¿Han venido a prenderme? Ya estoy listo.
La cárcel a los hombres no hace mal.
¡Aquí me tienen! ¡Yo no me resisto!
¡Estoy vengado! ¡Soy el criminal!
¡Al fin pude ahogar mis hondas penas!
¡Qué importa de las otras que vendrán!
Yo no he de lamentar mis horas buenas,
las malas, como vienen ya se irán.

Antes, permitan que estampe,
un beso a mi pobre hijita;
que ha quedado huerfanita,
en el seno del hogar.
¡Venga un abrazo, mi nena!,
quédese con la vecina;
su padre va hasta la esquina,
prontito ha de regresar.

¡Vamos, pronto, oficial! ¡Y no se asombre,
del llanto que en mis ojos usted ve!
¡He dicho que la cárcel es para el hombre,
y allá voy, aunque en ella moriré!...
¡Es que pienso en este ángel que yo dejo
y mis lágrimas vierto sin querer!...
Por lo demás, yo digo, mi pellejo
bien sé poco y nada ha de valer.
¡Mañana, cuando ella moza,
sepa el final de la madre
que no piense que fue el padre,
un borracho, un criminal!
Díganle que yo la he muerto,
porque fue una libertina:
¡haga el favor, mi vecina!
¡Vamos, señor oficial!

Justice Criolla

Vous êtes venus m'arrêter ? Je suis prêt.
La prison ne fait pas de mal aux hommes.
Vous m'avez ici ! Je ne me défends pas !
Je suis vengé ! Je suis le criminel !
Enfin, j'ai pu noyer mes profondes peines !
Peu importe les autres qui viendront !
Je ne vais pas pleurer mes heures heureuses,
les mauvaises, comme elles viennent, s'en iront.

Avant, laissez-moi déposer,
un baiser à ma pauvre petite fille ;
qui est restée orpheline,
dans le sein du foyer.
Viens ici, ma chérie !
Reste avec la voisine ;
ton père va jusqu'au coin,
il va bientôt revenir.

Allez, vite, agent ! Et ne soyez pas surpris,
de mes larmes que vous voyez dans mes yeux !
J'ai dit que la prison est pour l'homme,
et j'y vais, même si j'y mourrai !...
C'est que je pense à cet ange que je laisse
et mes larmes coulent sans que je le veuille !...
Pour le reste, je dis, ma peau
je sais bien qu'elle ne vaut pas grand-chose.
Demain, quand elle sera jeune,
qu'elle sache la fin de sa mère
et qu'elle ne pense pas que son père,
était un ivrogne, un criminel !
Dites-lui que je l'ai tuée,
parce qu'elle était une libertine :
faites le plaisir, ma voisine !
Allez, monsieur l'agent !

Escrita por: Francisco Brancatti, Rafael Yorio