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La Chanson du Bouvier

Francisco Brancatti

La Canción Del Boyero

Iba una vieja carreta
por la huella serpenteando,
y el boyero picaneando
despertaba a un buey maseta.

(Perezoso...)

Y en la noche que sombreaba
el camino polvoriento,
llegó a su oído un lamento
que desde lejos se alzaba.

(Silbando...)

Paró el boyero intranquilo,
la carreta pesadona,
y con voz dulce y tristona
oyó cantar este estilo.

Fue un día de madrugada;
volvía de arrear hacienda
y me encontré que la prienda
del rancho se había fugado...
Desde entonces busco al ñudo
matar mis penas con caña,
porque el ricuerdo me araña
y ando siempre lastimao...

(Huella buey...)

Al fin siguió por la huella
el boyero condolido,
sin saber que había tenido
del cantor la misma estrella

(La, lala, ra...)

Y al llegar de mañanita
halló su rancho desierto
y en su fatal desconcierto,
sollozó esta vidalita.

Aunque te hayas ido, vidalita,
para nunca verme.
Jamás al olvido, vidalita,
mi venganza duerme.
Por más que te escondas, vidalita,
por las serranías.
Estas penas hondas, vidalita,
pagarás un día.

La Chanson du Bouvier

Une vieille charrette passait
sur le chemin sinueux,
et le bouvier en train de piquer
réveillait un bœuf paresseux.

(Paresseux...)

Et dans la nuit qui s'assombrissait
le chemin poussiéreux,
un lamentement parvenait
qui s'élevait de loin.

(Sifflement...)

Le bouvier, inquiet, s'arrêta,
la charrette lourde,
et d'une voix douce et triste
il entendit chanter ce style.

C'était un matin très tôt ;
j'étais en train de rassembler le bétail
et je me suis rendu compte que la prise
du ranch s'était évaporée...
Depuis, je cherche le nœud
pour noyer mes peines dans l'herbe,
car le souvenir me ronge
et je traîne toujours blessé...

(Trace de bœuf...)

Enfin, le bouvier continua
sur le chemin, affligé,
sans savoir qu'il avait eu
la même étoile que le chanteur.

(La, lala, ra...)

Et en arrivant au petit matin,
il trouva son ranch désert
et dans son fatal désarroi,
il sanglota cette vidalita.

Bien que tu sois partie, vidalita,
pour ne jamais me revoir.
Jamais à l'oubli, vidalita,
ma vengeance sommeille.
Peu importe où tu te caches, vidalita,
dans les montagnes.
Ces peines profondes, vidalita,
tu les paieras un jour.