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Maté Amer

Francisco Brancatti

Mate Amargo

Recitado:
¡Entre la imagen divina
y ocupe el puesto de honor!
¡Que es su garganta argentina,
una calandria que trina,
mesmito que el ruiseñor!

Canto:
Aquí estoy yo pa' que me den algún lugar.
Que aunque mujer, al fin yo se que he de cumplir,
pues a los gauchos les he de cantar
y no se han de arrepentir.

Recitado:
¡Arrincónense y no largue esa vihuela, mi prienda,
y haga buche el que se amargue!
Si ha caído como de encargue.
¡¿Pa' qué mezquinar la rienda?!

Canto:
Que se haga ver primero 'ño José Julián,
pa' corajear, dicen los mozos que han llegao;
las chilindritas ya con los papás,
tuitas se han alborotao.

Recitado:
Me gusta la atropellada,
y tiene tiro largo la moza pa' la versada.
¡Habrá baile, mate amargo,
y aplauso en la madrugada!

Canto:
'Ña Remedio ya se tiene fe,
oigale, por favor.
Ya se ajustan las polleras
porque en las rancheras
hace pata ancha, sí señor.
¡Tiene un lindo cuerpo tentador,
ay, que sí, ay, que sí!
¡Miren como se menea
y se colorea mejor que el ají!

Recitado:
¡Fuego! Dice el bastonero.
Y naides se muestre manso.
Que en cuanto ciña el garguero
esta cantora calandria,
ya salió el asao con cuero.

Canto:
Bueno, ya que toco largo
quiero un mate amargo,
mesmo que mi suerte.
La que no sea fuerte
y aguantar no pueda,
el mate a la rueda tendrá que cebar.
Aura, ya falló una vieja,
pa' qué se me queja, si es un disparate.
Venga con el mate, sufra con pacencia,
que esta penitencia tiene que pagar.

Recitado:
Con esta criolla de verde,
¡amalhaya quién pudiera!
Me gusta cuando se ríe
porque saca un diente ajuera.

Canto:
En el jardín de la pasión que yo soñé,
mucho peor sufrí por un rosal en flor,
que sin su aroma triste me quedé,
con lo amargo del dolor.

Recitado:
Hasta el pájaro cantor
se va lamentando fiero.
¡Lindo maula el del amor,
que de puro escarchador
se vuelve zonzo y mañero!

Canto:
Si le ha tocao cebar a usté, Doña Leonor
joróbese, que no hay razón pa' mezquinar.
El mate amargo traiga por favor,
déjese de cacarear.

Recitado:
¡Miren la cara 'e la vieja
si no es la de un lechuzón!
¡Si la vista no me engaña
se le ha prendido a la caña
como ternero mamón!

Maté Amer

Récité :
Entre l'image divine
et occupe le poste d'honneur !
Car sa gorge argentine,
une alouette qui chante,
comme le rossignol !

Chant :
Me voilà, pour qu'on me donne une place.
Car même si je suis une femme, je sais que je vais réussir,
puisque je dois chanter pour les gauchos
et ils ne vont pas le regretter.

Récité :
Reculez et ne lâchez pas cette vihuela, ma chérie,
et celui qui s'amuse, qu'il se taise !
S'il est tombé comme prévu.
Pourquoi être avare avec la bride ?

Chant :
Qu'il se montre d'abord 'ño José Julián,
pour motiver, disent les jeunes qui sont arrivés ;
les petites chéries déjà avec leurs papas,
toutes se sont agitées.

Récité :
J'aime le désordre,
et la fille a un long tir pour la rime.
Il y aura de la danse, du maté amer,
et des applaudissements à l'aube !

Chant :
'Ña Remedio a déjà confiance,
écoutez-la, s'il vous plaît.
Les jupes se préparent
car dans les ranches
elle fait le grand écart, oui monsieur.
Elle a un joli corps tentateur,
oh, oui, oh oui !
Regardez comme elle se déhanche
et se colore mieux que le piment !

Récité :
Feu ! Dit le chef.
Et personne ne se montre docile.
Dès qu'elle serre le goulot,
cette chanteuse alouette,
le barbecue est prêt avec la peau.

Chant :
Bon, maintenant que j'ai joué longtemps,
je veux un maté amer,
même si c'est mon destin.
Celui qui ne peut pas supporter
et ne peut pas tenir,
le maté à la ronde devra le préparer.
Aura, une vieille a déjà échoué,
pourquoi se plaint-elle, c'est une folie.
Venez avec le maté, souffrez avec patience,
car cette pénitence doit être payée.

Récité :
Avec cette criolla de vert,
amalhaya qui pourrait !
J'aime quand elle rit
car elle montre une dent dehors.

Chant :
Dans le jardin de la passion que j'ai rêvé,
j'ai beaucoup plus souffert pour une rose en fleur,
que sans son arôme triste je suis resté,
avec l'amertume de la douleur.

Récité :
Même l'oiseau chanteur
se lamente avec force.
Quel beau malheur que l'amour,
qui de tant de gel
devenait bête et rusé !

Chant :
Si c'est à vous de préparer, Doña Leonor,
pliez-vous, il n'y a pas de raison d'être avare.
Apportez le maté amer, s'il vous plaît,
cessez de jacasser.

Récité :
Regardez la tête de la vieille
si ce n'est pas celle d'un hibou !
Si ma vue ne me trompe pas,
elle s'est accrochée à la canne
comme un veau qui tète !