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Cambalache

Francisco Canaro

Cambalache

Que el mundo fue y sera una porqueria, ya lo sé,
En el quinientos seis y en el dos mil también;
Que siempre ha habido chorros,maquiavelos y estafaos,
Contentos y amargaos, valores y dublé

Pero que el siglo veinte es un despliegue
De malda insolente ya no hay quien lo niegue,
Vivimos revolcaos en un merengue
Y en el mismo lodo todos manoseaos

Hoy resulta que es lo mismo ser derecho que traidor,
Ignorante, sabio, chorro, generoso, estafador
¡Todo es igual, nada es mejor,
Lo mismo un burro que un gran profesor!

No hay aplazaos ni escalafón,
Los inmorales nos han igualao...
Si uno vive en la impostura
Y otro afana en su ambición,
Da lo mismo que sea cura,
Colchonero, rey de bastos,caradura o polizón.

¡Qué falta de respeto, qué atropello a la razón!
¡Cualquiera es un señor, cualquiera es un ladrón!
Mezclaos con stavisky van don bosco y la mignon,
Don chicho y napoleón, carnera y san martin.
Igual que en la vidriera irrespetuosa
De los cambalaches se ha mezclao la vida,
Y herida por un sable sin remache
Ves llorar la biblia contra un calefón.

Siglo veinte, cambalache, problematico y febril,
El que no llora no mama y el que no afana es un gil.
¡Dale nomas, dale que va,
Que alla en el horno te vamo a encontrar!
¡No pienses mas, tirate a un lao,
Que a nadie importa si naciste honrao!
Si es lo mismo el que labura
Noche y dia como un buey
Que el que vive de las minas,
Que el que mata o el que cura
O esta fuera de la ley.

Cambalache

Que le monde a été et sera une porcherie, je le sais,
Dans les cinq cents six et en deux mille aussi ;
Qu'il y a toujours eu des voleurs, des machiavéliques et des arnaqueurs,
Contents et amers, valeurs et faux-semblants.

Mais que le vingtième siècle est un déploiement
De malice insolente, plus personne ne peut le nier,
Nous vivons embrouillés dans un merengue
Et dans la même boue, tous tripotés.

Aujourd'hui, il s'avère que c'est la même chose d'être droit que traître,
Ignorant, sage, voleur, généreux, escroc.
Tout est pareil, rien n'est mieux,
C'est la même chose un âne qu'un grand professeur !

Il n'y a pas de laissés-pour-compte ni d'échelons,
Les immoraux nous ont égalisés...
Si l'un vit dans l'imposture
Et l'autre s'acharne dans son ambition,
Peu importe qu'il soit prêtre,
Matelas, roi de bâtons, filou ou passager clandestin.

Quelle manque de respect, quel affront à la raison !
N'importe qui est un seigneur, n'importe qui est un voleur !
Mélangés avec Stavisky, il y a Don Bosco et la Mignon,
Don Chicho et Napoléon, Carnera et San Martin.
Comme dans la vitrine irrespectueuse
Des cambalaches, la vie s'est mélangée,
Et blessée par un sabre sans embase,
Tu vois pleurer la Bible contre un chauffe-eau.

Vingtième siècle, cambalache, problématique et fiévreux,
Celui qui ne pleure pas ne tète pas et celui qui ne vole pas est un idiot.
Vas-y, vas-y, ça va,
Que là-bas dans le four, on va te retrouver !
Ne pense plus, jette-toi sur le côté,
Peu importe si tu es né honnête !
Si c'est la même chose celui qui bosse
Nuit et jour comme un bœuf
Que celui qui vit des filles,
Que celui qui tue ou celui qui soigne
Ou qui est hors-la-loi.

Escrita por: Enrique Santos Discépolo