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Vieilles Maisons

Francisco Canaro

Casas Viejas

¿Quién vivió
Quién vivió en estas casas de ayer
Viejas casas que el tiempo bronceó
Patios viejos, color de humedad
Con leyendas de noches de amor?
Platinados de Luna los vi y brillantes con oro de Sol
Y hoy, sumisos, los veo esperar
La sentencia que marca el avión y allá van sin rencor
Como va al matadero la res sin que nadie le diga un adiós

Se van, se van
Las casas viejas queridas
De más están
Han terminado sus vidas
Llegó el motor y su roncar
Ordena y hay que salir
El tiempo cruel con su buril
Carcome y hay que morir
Se van, se van
Llevando a cuestas su cruz
Como las sombras se alejan
Y esfuman ante la luz

El amor, el amor coronado de luz
Esos patios también conoció
Sus paredes guardaron la fe
Y el secreto sagrado de dos
Las caricias vivieron aquí
Los suspiros cantaron pasión
¿Dónde fueron los besos de ayer?
¿Dónde están las palabras de amor?
¿Dónde están ella y él?
Como todo, pasaron igual que estas casas
Que no han de volver

Vieilles Maisons

Qui a vécu
Qui a vécu dans ces vieilles maisons d'hier
Vieilles maisons que le temps a dorées
Patios usés, couleur d'humidité
Avec des légendes de nuits d'amour ?
Platinés par la Lune, je les ai vus, brillants comme l'or du Soleil
Et aujourd'hui, soumis, je les vois attendre
La sentence que marque l'avion et là, ils s'en vont sans rancœur
Comme une bête au abattoir sans que personne lui dise adieu

Ils s'en vont, ils s'en vont
Les vieilles maisons chéries
Elles n'ont plus leur place
Elles ont fini leur vie
Le moteur est arrivé et son rugissement
Ordre de partir, il faut y aller
Le temps cruel avec son burin
Ronge et il faut mourir
Ils s'en vont, ils s'en vont
Portant leur croix sur le dos
Comme les ombres s'éloignent
Et s'effacent devant la lumière

L'amour, l'amour couronné de lumière
Ces patios l'ont aussi connu
Leurs murs ont gardé la foi
Et le secret sacré de deux
Les caresses ont vécu ici
Les soupirs chantaient la passion
Où sont passés les baisers d'hier ?
Où sont les mots d'amour ?
Où sont elle et lui ?
Comme tout, ils sont passés comme ces maisons
Qui ne reviendront pas.

Escrita por: Francisco Canaro / Ivo Pelay