395px

Sentiment de Gaucho (feat. Nelly Omar)

Francisco Canaro

Sentimiento Gaucho (part. Nelly Omar)

Un viejo almacén
Del Paseo Colón
Donde van los que tienen
Perdida la fe

Entre sombras qué pena
Anoche encontré
A un paisano sentado
En oscuro rincón

Al mirarlo sentí
Una profunda emoción
Porque en su alma el dolor
Su secreto adiviné

Y sentándome cerca
A su lado le hablé
Y él entonces me hizo
Esta cruel confesión
Ponga amigo, atención

Sabe qué condición
De varón el sufrir
La mujer que yo quería
Con todo mi corazón

Se me ha ido
Tras un sueño
Que no supo resistir
Y aunque irse mi alegría
Con su ausencia se llevó

No quisiera verla nunca
Que en su triunfo sea feliz
Con la vida que ahora vive
Por su bien o que sé yo

Porque todo aquel amor
Que por ella padecí
Me cortó de un solo tajo
Con el filo del dolor

Pero inútil no puedo
Aunque quiera olvidar
Su recuerdo de ayer
Que fue mi único amor

Para ella ha de ser
Como el trébol de olor
Que perfuma el rencor
Que lo quiere arrancar

Y si acaso algún día
Quisiera otra vez
A mi lado volver
Yo la he perdonado

Que si a veces un hombre
A otro puede enfrentar
Se perdona cuando habla
La voz del querer
A cualquiera mujer

Sentiment de Gaucho (feat. Nelly Omar)

Un vieux bar
Du Paseo Colón
Où vont ceux qui ont
Perdu la foi

Entre ombres, quelle tristesse
Hier soir, j'ai trouvé
Un gars assis
Dans un coin sombre

En le regardant, j'ai ressenti
Une profonde émotion
Car dans son âme, la douleur
J'ai deviné son secret

Et m'asseyant près de lui
Je lui ai parlé
Et alors il m'a fait
Cette cruelle confession
Fais attention, mon ami

Sais-tu quelle condition
C'est d'être un homme et de souffrir
La femme que je voulais
De tout mon cœur

Elle est partie
À la poursuite d'un rêve
Qu'elle n'a pas su résister
Et même si ma joie s'en est allée
Avec son absence

Je ne voudrais jamais la voir
Qu'elle soit heureuse dans son triomphe
Avec la vie qu'elle mène maintenant
Pour son bien ou je ne sais quoi

Car tout cet amour
Que j'ai souffert pour elle
M'a coupé d'un seul coup
Avec le tranchant de la douleur

Mais en vain, je ne peux pas
Même si je veux oublier
Son souvenir d'hier
Qui a été mon unique amour

Pour elle, ça doit être
Comme le trèfle odorant
Qui parfume le ressentiment
Qu'on veut arracher

Et si un jour
Elle voulait revenir
À mes côtés
Je l'ai pardonnée

Car si parfois un homme
Peut affronter un autre
On pardonne quand parle
La voix de l'amour
À n'importe quelle femme

Escrita por: Juan Andrés Caruso