Barrio pobre
En este barrio que es reliquia del pasado,
por esta calle, tan humilde tuve ayer,
detrás de aquella ventanita que han cerrado,
la clavelina perfumada de un querer...
Aquellas fiestas que en tus patios celebraban
algún suceso venturoso del lugar,
con mi guitarra entre la rueda me contaban
y en versos tiernos entonaba mi cantar...
Barrio... de mis sueños más ardientes,
pobre...cual las ropas de tus gentes.
Para mí guardabas toda la riqueza
y lloviznaba la tristeza
cuando te di mi último adiós...
¡Barrio... barrio pobre, estoy contigo!...
¡Vuelvo a cantarte, viejo amigo!
Perdoná los desencantos de mi canto,
pues desde entonces, lloré tanto,
que se ha quebrado ya mi voz...
Por esta calle iba en pálidas auroras
con paso firme a la jornada de labor;
cordial y simple era la ronda de mis horas;
amor de madre, amor de novia...¡siempre amor!
Por esta calle en una noche huraña y fría
salí del mundo bueno y puro del ayer,
doblé la esquina sin pensar lo que perdía,
me fui sin rumbo, para nunca más volver....
Quartier pauvre
Dans ce quartier qui est une relique du passé,
par cette rue, si humble j'ai vécu hier,
derrière cette petite fenêtre qui a été fermée,
la giroflée parfumée d'un amour...
Ces fêtes qui dans tes cours se célébraient
un événement heureux du coin,
avec ma guitare au milieu on me racontait
et en vers tendres je chantais mon refrain...
Quartier... de mes rêves les plus ardents,
pauvre... comme les habits de tes gens.
Pour moi tu gardais toute la richesse
et la tristesse tombait en pluie
quand je t'ai dit mon dernier adieu...
Quartier... quartier pauvre, je suis avec toi !...
Je reviens te chanter, vieux ami !
Pardonne les désillusions de ma chanson,
car depuis ce temps, j'ai tant pleuré,
que ma voix s'est déjà brisée...
Par cette rue j'allais aux aurores pâles
avec un pas ferme vers la journée de labeur ;
cordial et simple était le tour de mes heures ;
l'amour de mère, l'amour de fiancée... toujours amour !
Par cette rue, une nuit morose et froide
je suis sorti du monde bon et pur d'hier,
j'ai tourné au coin sans penser à ce que je perdais,
je suis parti sans but, pour ne jamais revenir....