La Fundadora
No la moleste, déjela quieta, déjela quieta
Déjela que venga sola
Que ella es vaquiana de los potreros
Y es gran salera
Conoce su comedero, yo la llamo con la canoa
Y ella come sal en mi mano
Que es puro cacho dice el vecino de Alto Carrao
Que es puro rabo hasta el puntero lo ha comentao
Y ahora usted viejo melecio me ha consejao
Que yo la venda con ese lote de mi ganao
Ese que usted y la tripulación tienen apartao
Pero usted sabe que soy llanero de corazón
Y también sabe que yo no vendo mi condición
Por eso entonces viejo melecio preste atención
Para que escuche con buen oído mi explicación
No la moleste, déjela quieta porque ella es
Raíz de mi fundación y fue su leche y su bosta
Hervida la curación, la que me salvó al bordón
De aquella fiebre del sarampeón cuando a mi niño
Me lo agarró
Allá en los tiempos cuando en mi tierra no había doctor
Que nos librara de aquellos males de la región
Y nuestra cura era la yerba y la fé en dios
Ay vaca mora, pa' mi no tienes valoración
Y la postrera que tantas veces usted se tomó
No fué mi amigo, mi fundadora la que la dió
Por eso entonces viejo melecio prefiero yo
Que en sus querencias siga rumiando de sol a sol
Hasta que digan que la sabana se la tragó
La Fondatrice
Ne la dérange pas, laisse-la tranquille, laisse-la tranquille
Laisse-la venir toute seule
Car elle est vache des pâturages
Et c'est une grande salière
Elle connaît son mangeoire, je l'appelle avec la pirogue
Et elle mange le sel dans ma main
C'est que du blabla dit le voisin d'Alto Carrao
C'est que du vent, même le chef l'a commenté
Et maintenant, vieux melecio, tu m'as conseillé
De la vendre avec ce lot de mon bétail
Celui que toi et l'équipage avez mis de côté
Mais tu sais que je suis un homme des plaines dans l'âme
Et tu sais aussi que je ne vends pas ma condition
C'est pourquoi, vieux melecio, fais attention
Pour que tu écoutes bien mon explication
Ne la dérange pas, laisse-la tranquille car elle est
La racine de ma fondation et c'était son lait et son fumier
Bouilli, la guérison, celle qui m'a sauvé du bordel
De cette fièvre de la rougeole quand mon enfant
A été touché
À l'époque où dans ma terre il n'y avait pas de médecin
Pour nous libérer de ces maux de la région
Et notre remède était l'herbe et la foi en Dieu
Oh vache noire, pour moi tu n'as pas de prix
Et la dernière que tant de fois tu as prise
Ce n'était pas mon ami, c'était ma fondatrice qui l'a donnée
C'est pourquoi, vieux melecio, je préfère
Qu'elle continue à ruminer de soleil en soleil
Jusqu'à ce qu'on dise que la savane l'a engloutie