395px

La gavota de los bastones blancos

Les Frères Jacques

La gavotte des bâtons blancs

La nuit descend, l'ombre s'étend
C'est pas du tout rassurant
- Haaaaa !
Où ça, mon Dieu ? Un cri affreux
Vous fait dresser les cheveux
- Au secours !
Un long frisson vous fout les nerfs
Il y a du crime dans l'air
Il rôde des ombres d'assassins
L'étrangleur n'est sûrement pas loin

Mais nous, les agents de la circulation
On entend ça sans émotion
Les champions du petit bâton blanc, c'est nous !
Les assassins, c'est pas pour nous !
On peut étriper, incendier ou voler
Notre consigne, c'est d'pas bouger
On fait un effort parce qu'on est courageux
Pour pas voir ça, on ferme les yeux
Si on s'écoutait, bien sûr, on bondirait
Mais sans nous, voitures et piétons, qu'est-ce qu'ils feraient ?
Tout s'emmêlerait, se télescoperait
Vous seriez bien avancés après

Non, non, nous, les champions du petit bâton blanc
Il faut rien voir ou faire semblant
Si vous trouvez qu'il y a trop de crimes dans l'quartier
Adressez-vous au brigadier !

Hep, le vélo
Hep, la moto
Alors, on grille les signaux ?
Protestations ?
Contravention !
Prochaine fois, f'rez attention !

Il fait un temps frigorifiant
A pas mettre dehors un agent
Dire qu'il y en a qui sont dedans
Et qu'ils boivent des bons grogs bouillants
Glou, glou, glou
Nous, pendant c'temps-là, il faut verbaliser
La goutte au nez, ratatinés
Dans nos chaussures noires, nos tout petits petons
Pauvres mignons, sont des glaçons
Et comme le croiront les gens d'mauvaise humeur
Tous les quarts d'heure, un paon siffleur
Nous traite de péquenots, de vendus, d'abrutis,
De vieux débris et j'en oublie
Comme on est très sourds, on n'répond rien du tout
C'est que ça s'attrape tellement vite un mauvais coup !
Sur notre calepin, d'une tremblante main
On relève le nom du pékin
Oui, puis on remet en marche son p'tit bâton blanc
En se disant «Plus que quinze ans
Et à la retraite on pourra, comme piéton,
Traiter les flics de tous les noms !»

Et voici un concerto en ut fa dièse majeur pour sifflet à roulette

La gavota de los bastones blancos

La noche desciende, la sombra se extiende
No es para nada reconfortante
- ¡Haaaaa!
¿Dónde, Dios mío? Un grito horrible
Te pone los pelos de punta
- ¡Socorro!
Un escalofrío largo te pone los nervios
Hay crimen en el aire
Rondan sombras de asesinos
El estrangulador seguramente no está lejos

Pero nosotros, los agentes de tránsito
Escuchamos eso sin emoción
¡Los campeones del pequeño bastón blanco, somos nosotros!
¡Los asesinos no son para nosotros!
Podemos desollar, incendiar o robar
Nuestra consigna es no movernos
Hacemos un esfuerzo porque somos valientes
Para no ver eso, cerramos los ojos
Si nos escucháramos, por supuesto, saltaríamos
Pero sin nosotros, ¿qué harían los autos y los peatones?
Todo se enredaría, se chocaría
Estarían en problemas después

No, no, nosotros, los campeones del pequeño bastón blanco
No hay que ver nada o fingir
Si piensas que hay demasiados crímenes en el vecindario
¡Dirígete al sargento!

¡Eh, la bicicleta!
¡Eh, la moto!
¿Entonces, se pasan los semáforos en rojo?
¿Protestas?
¡Multa!
¡La próxima vez, presta atención!

Hace un frío glacial
No es para sacar a un agente afuera
Decir que hay algunos que están adentro
Y que beben buenos grogs calientes
Glug, glug, glug
Nosotros, mientras tanto, debemos multar
Con la nariz goteando, encogidos
En nuestros zapatos negros, nuestros pequeños pies
Pobres lindos, son cubitos de hielo
Y como creerán las personas de mal humor
Cada cuarto de hora, un pavo silbador
Nos llama campesinos, vendidos, idiotas,
Viejos desechos y se me olvida
Como somos muy sordos, no respondemos en absoluto
¡Es que un mal golpe se contagia tan rápido!
En nuestra libreta, con una mano temblorosa
Tomamos nota del nombre del tipo
Sí, luego volvemos a poner en marcha nuestro pequeño bastón blanco
Pensando 'Solo quince años más
Y podremos, como peatones,
¡Insultar a los policías con todos los nombres!'

Y aquí hay un concierto en do sostenido mayor para silbato de rueda

Escrita por: