Irmaus
Camiñan o meu rente moitos homes,
non os ceñezo. Sonme estrano.
Pero tí que te alcontras alá lonxe,
mais alá dos desertos e dos lagos,
mais alá das sabanas e das illas,
coma un irmau che falo.
Si é tua a miña noite,
si choran os meus ollos o teu pranto,
si os nosos soños son iguales,
coma un irmáu che falo.
Anque as nosas palabras sexan distintas
e tí negro i eu branco,
e tendo semellantes as feridas,
coma un irmáu che falo.
Por enriba de tódalas fronteiras,
por enriba de muros e valados,
si os nosos berros son igoales,
coma un irmáu che falo.
Común témo-la patria,
común a loita ambos,
a miña amu che dou,
coma un irmáu che falo.
Se sintes en probeza,
se sofres inxusticia,
se cheo de rabexa
encirras á cobiza
do teu peito o can,
pra tí chea de forza
vai miña mau, irmán.
Irmaus
Ils marchent à mes côtés, tant d'hommes,
Je ne les connais pas. Je me sens étrange.
Mais toi, là-bas au loin,
Au-delà des déserts et des lacs,
Au-delà des savanes et des îles,
Comme un frère, je te parle.
Si c'est ta nuit à moi,
Si mes yeux pleurent ton chagrin,
Si nos rêves sont les mêmes,
Comme un frère, je te parle.
Bien que nos mots soient différents
Et que toi tu sois noir et moi blanc,
Et que nos blessures soient semblables,
Comme un frère, je te parle.
Au-dessus de toutes les frontières,
Au-dessus des murs et des clôtures,
Si nos cris sont identiques,
Comme un frère, je te parle.
Nous avons une patrie commune,
Une lutte commune, tous les deux,
Je te donne ma main,
Comme un frère, je te parle.
Si tu ressens la pauvreté,
Si tu souffres d'injustice,
Si tu es plein de rage
Et que tu enfermes la convoitise
Dans ton cœur, le chien,
Pour toi, plein de force,
Va ma main, frère.