Dove l'ho messa
[parlato:] Adesso, no adesso voi magari vi aspettereste che trovassero i colpevoli eh?
Avete visto troppi film gialli!
Anch'io l'altra sera esco dal cinema… Dov'è la macchina? Ah già l'ho messa lì. Chiavi, 'BRUMMM', parte subito, perfetta.
Arrivo, via Londonio… non c'è più la casa. Ho sbagliato strada, fammi vedere: 24, 26… maledizione manca il 28! Non c'è più la casa, ho perso la casa. Dove l'ho messa?
Vediamo un po': sono andato al cinema, un bidone tra l'altro… in macchina no, non posso averla persa, la lascio sempre lì. Dove l'ho messa?
Io sono sempre stato un po' disordinato
ma la mia casa non è mica un orecchino
a questo punto sono molto preoccupato
un uomo senza casa è un po' un casino.
[parlato:] Me lo dice sempre la mia mamma che sono disordinato, ha ragione, ha ragione la mamma… a proposito la mamma… dove l'ho messa?
Ho perso anche la mamma, possibile? Devo far la denuncia eh. Sì tanto i carabinieri le mamme non le trovano mai. Non era neanche assicurata, però la chiudo sempre eh! Peccato. No, non tanto per il valore, è che era un ricordo!
E poi la mamma non è mica un accendino
che lasci al bar e te lo fregano gli amici
io non vorrei che lei giocasse a nascondino
un uomo senza mamma è un po' De Amicis.
[parlato:] Bisogna che la ritrovi la mia mamma e anche la mia casa, tutto, e se non loro qualcosa di solido, qualcosa che gli assomigli, qualcosa per sentirti bene, per sentirti giusto, per sentirti sicuro in questa nostra bella Terra, in questa nostra bella Italia. Italia… dove l'ho messa?
Ho perso anche l'Italia, possibile? L'Italia di Mazzini, di Cavour, dei nostri martiri, degli invalidi senza gambe senza braccia, l'Inno di Mameli, il tricolore che sventola.
È duro rendersi conto che si sia dissolta così al vento… 'PUM' come una scoreggia!
Sì, si capiva che era una situazione che da un momento all'altro… voglio dire in un certo senso ce lo aspettavamo…
Però al momento ti fa sempre un certo effetto
per molta gente è stato un colpo troppo duro.
Siamo rimasti proprio orfani di tutto
un uomo senza Italia…
un uomo senza casa…
senza mamma, senza famiglia, senza storia, senza ideologia, senza capi, senza esercito, senza chiesa, senza clero, uh…
un uomo senza niente è più leggero!
Où l'ai-je mise
[parlé :] Maintenant, non maintenant vous vous attendez peut-être à ce qu'ils trouvent les coupables, hein ?
Vous avez vu trop de films policiers !
Moi aussi, l'autre soir je sors du ciné… Où est la voiture ? Ah oui, je l'ai mise là. Clés, 'BRUMMM', elle démarre tout de suite, parfaite.
J'arrive, rue Londonio… il n'y a plus la maison. Je me suis trompé de route, laisse-moi voir : 24, 26… merde, il manque le 28 ! Il n'y a plus la maison, j'ai perdu la maison. Où l'ai-je mise ?
Voyons un peu : je suis allé au ciné, un vrai navet d'ailleurs… dans la voiture non, je ne peux pas l'avoir perdue, je la laisse toujours là. Où l'ai-je mise ?
J'ai toujours été un peu désordonné
mais ma maison n'est pas un bijou
à ce stade, je suis vraiment inquiet
un homme sans maison, c'est un peu le bazar.
[parlé :] Ma mère me dit toujours que je suis désordonné, elle a raison, ma mère a raison… à propos de ma mère… où l'ai-je mise ?
J'ai aussi perdu ma mère, c'est possible ? Je dois faire une déclaration, hein. Oui, de toute façon, les carabiniers ne retrouvent jamais les mamans. Elle n'était même pas assurée, mais je la garde toujours, hein ! Dommage. Non, pas tant pour la valeur, c'est que c'était un souvenir !
Et puis, la mère ce n'est pas un briquet
qu'on laisse au bar et que les amis te piquent
je ne voudrais pas qu'elle joue à cache-cache
un homme sans maman, c'est un peu De Amicis.
[parlé :] Il faut que je retrouve ma mère et aussi ma maison, tout, et si ce n'est pas eux, quelque chose de solide, quelque chose qui leur ressemble, quelque chose pour se sentir bien, pour se sentir juste, pour se sentir en sécurité sur cette belle Terre, dans cette belle Italie. Italie… où l'ai-je mise ?
J'ai aussi perdu l'Italie, c'est possible ? L'Italie de Mazzini, de Cavour, de nos martyrs, des invalides sans jambes ni bras, l'Hymne de Mameli, le tricolore qui flotte.
C'est dur de réaliser qu'elle se soit dissoute ainsi au vent… 'PUM' comme une flatulence !
Oui, on comprenait que c'était une situation qui à tout moment… je veux dire, d'une certaine manière, on s'y attendait…
Mais sur le moment, ça fait toujours un certain effet
pour beaucoup de gens, ça a été un coup trop dur.
On est vraiment restés orphelins de tout
un homme sans Italie…
un homme sans maison…
sans maman, sans famille, sans histoire, sans idéologie, sans chefs, sans armée, sans église, sans clergé, uh…
un homme sans rien est plus léger !