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Maudit Serrat

Ignacio Copani

Maldito Serrat

Cómo lograste hacerme reír
y llorar y sentir que ya empieza la fiesta,
cómo lograste hacerme feliz lejos de mi país que aplasta y apesta.
Cómo lograste en tu voz encender
al poeta de ayer, de tu España quebrada
y dime cómo la propia mujer
que yo quiero se fue detrás de tus palabras.
Maldito Serrat... Maldito ladrón... Copiaste la idea que tenía yo
justo antes que yo mismo la escribiera,
maldito Serrat... Pero quién pudiera decir:
Ay... amor, sin ti no entiendo el despertar...
Ay... amor, sin ti mi cama es ancha,
Ay... amor, que me desvela la verdad,
entre tu y yo la soledad y un manojillo de escarcha
Cómo lograste hacerme sufrir
por Irene y Manuel y el adiós de Lucía.
Cómo lograste mentirme tan bien,
que hasta puedo creer que hoy va a ser un gran día.
Cómo lograste tanta precisión
describiendo a mi pueblo blanco y polvoriento
si el sacristán por ahí no te vio,
ni el cura, ni el cabo, ni el polvo ni el viento.
Maldito Serrat... Maldita canción...
Golpeando a las puertas de este corazón
que estará siempre de par en par esperando,
latiendo a tu ritmo, lo mismo que cuando cantaste:
Ay... Ay utopía... Dulce como el pan nuestro de cada día.
Cómo lograste hablar tanto de mi
y los locos que aquí adoramos tu tema.
No hago otra cosa que pensar en ti
cuando quiero escribir y no nace el poema.
Cómo lograste a los tiempos vencer,
con mi padre fue ayer, con mis hijas ahora
que te agradecen por hacernos ver
que de vez en cuando la vida enamora.
Bendito Serrat... Hermano mayor
de todo el que quiera hacer una canción
de verdad, de este tiempo que empuja y arrasa
o de las pequeñas cosas que nos pasan.
Bendito Juglar, no apagues tu voz,
qué hacemos nosotros, los de este rincón
sin oir en tu verso al amigo que abraza,
quién puede seguir y qué va a ser de mi si estás lejos de casa

Maudit Serrat

Comment t'as réussi à me faire rire
et pleurer et sentir que la fête commence,
comment t'as réussi à me rendre heureux loin de mon pays qui écrase et pue.
Comment t'as réussi à enflammer
le poète d'hier, de ta Espagne brisée
et dis-moi comment la femme elle-même
que j'aime est partie derrière tes mots.
Maudit Serrat... Maudit voleur... T'as copié l'idée que j'avais
juste avant que je l'écrive moi-même,
maudit Serrat... Mais qui pourrait dire :
Ah... amour, sans toi je ne comprends pas le réveil...
Ah... amour, sans toi mon lit est large,
Ah... amour, qui me réveille avec la vérité,
entre toi et moi la solitude et un petit tas de givre.
Comment t'as réussi à me faire souffrir
pour Irene et Manuel et le départ de Lucía.
Comment t'as réussi à si bien me mentir,
que je peux même croire qu'aujourd'hui sera un grand jour.
Comment t'as réussi une telle précision
à décrire mon village blanc et poussiéreux
si le sacristain ne t'a pas vu,
ni le curé, ni le caporal, ni la poussière ni le vent.
Maudit Serrat... Maudite chanson...
Frappant aux portes de ce cœur
qui sera toujours grand ouvert en attendant,
battant à ton rythme, comme quand tu chantais :
Ah... Ah utopie... Douce comme notre pain quotidien.
Comment t'as réussi à parler tant de moi
et des fous qui ici adorent ton thème.
Je ne fais que penser à toi
quand je veux écrire et que le poème ne naît pas.
Comment t'as réussi à vaincre le temps,
avec mon père c'était hier, avec mes filles maintenant
qui te remercient de nous faire voir
que de temps en temps la vie nous fait tomber amoureux.
Béni soit Serrat... Grand frère
de tous ceux qui veulent faire une chanson
vraie, de ce temps qui pousse et emporte
ou des petites choses qui nous arrivent.
Béni soit le Jongleur, n'éteins pas ta voix,
que ferons-nous, nous de ce coin
sans entendre dans tes vers l'ami qui embrasse,
qui peut continuer et que va-t-il advenir de moi si tu es loin de chez toi.

Escrita por: Ignacio Copani