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Petite Gallega

Ignacio Corsini

Galleguita

Galleguita la divina
La que a la playa Argentina
Llegó una tarde de abril
Sin más prendas ni tesoros
Que tus negros ojos moros
Y tu cuerpito gentil

Siendo buena eras honrada
Pero no te valió nada; que otras cayeron igual
Eras linda galleguita y tras la primera cita
Fuiste a parar al pigall

Sola y en tierras extrañas; tu caída fue tan breve
Que como bola de nieve tu virtud se disipó
Tu obsesión era la idea de juntar mucha platita
Para tu pobre viejita que allá en la aldea quedó

Pero un paisano malvado
Loco por no haber logrado
Tus caricias y tu amor
Ya perdida la esperanza
Volvió a tu pueblo el traidor

Y envenenando la vida
De tu viejita querida le contó tu perdición
Y así fue que el mes pasado
Te llegó un sobre enlutado que enlutó tu corazón

Y hoy te veo galleguita
Sentada triste y solita
En un rincón del pigall
Y la pena que te mata
Claramente se retrata
En tu palidez mortal

Tu tristeza es infinita
Ya no sos la galleguita
Que llegó un día de abril
Sin más prendas ni tesoros
Que tus negros ojos moros
Y tu cuerpito gentil

Petite Gallega

Petite gallega, la divine
Celle qui est arrivée à la plage argentine
Un après-midi d'avril
Sans plus de vêtements ni de trésors
Que tes yeux noirs et profonds
Et ton petit corps délicat

En étant gentille, tu étais honnête
Mais ça ne t'a rien valu ; d'autres ont chuté aussi
Tu étais une belle petite gallega et après le premier rendez-vous
Tu as fini au pigall

Seule et dans des terres étrangères ; ta chute a été si brève
Que comme une boule de neige, ta vertu s'est évaporée
Ton obsession était l'idée de rassembler beaucoup de fric
Pour ta pauvre vieille mère qui est restée au village

Mais un paysan malveillant
Fou de ne pas avoir eu
Tes caresses et ton amour
Ayant perdu tout espoir
Le traître est retourné dans ton village

Et en empoisonnant la vie
De ta chère vieille, il lui a raconté ta perte
Et c'est ainsi qu'il y a un mois
Tu as reçu une lettre de deuil qui a assombri ton cœur

Et aujourd'hui je te vois, petite gallega
Assise, triste et seule
Dans un coin du pigall
Et la peine qui te tue
Se reflète clairement
Dans ta pâleur mortelle

Ta tristesse est infinie
Tu n'es plus la petite gallega
Qui est arrivée un jour d'avril
Sans plus de vêtements ni de trésors
Que tes yeux noirs et profonds
Et ton petit corps délicat

Escrita por: Horacio Pettorossi, Alfredo Navarrine