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Los toros

Jacques Brel

Les toros

Les toros s'ennuient le dimanche
Quand il s'agit de courir pour nous

Un peu de sable du soleil et des planches
Un peu de sang pour faire un peu de boue

C'est l'heure où les épiciers se prennent pour
Don Juan C'est l'heure où les Anglaises se prennent pour Montherlant

Ah!Qui nous dira à quoi ça pense
Un toro qui tourne et danse
Et s'aperçoit soudain qu'il est tout nu

Ah!Qui nous dira à quoi ça rêve
Un toro dont l'?il se lève
Et qui découvre les cornes des cocus

Les toros s'ennuient le dimanche
Quand il s'agit de souffrir pour nous
Voici les picadors et la foule se venge
Voici les toreros et la foule est à genoux

C'est l'heure où les épiciers
se prennent pour Garcia Lorca
C'est l'heure où les Anglaises
se prennent pour la Carmencita

Les toros s'ennuient le dimanche
Quand il s'agit de mourir pour nous
Mais l'épée va plonger et la foule se penche
Mais l'épée a plongé et la foule est debout

C'est l'instant de triomphe où les épiciers se prennent pour Néron
C'est l'instant de triomphe où les Anglaises se prennent pour Wellington

Ah!Est-ce qu'en tombant à terre
Les toros rêvent d'un enfer
Où brûleraient hommes et toreros défunts

Ah!Ou bien à l'heure du trépas
Ne nous pardonneraient-ils pas
En pensant à Carthage, Waterloo et Verdun: Verdun.

Los toros

Los toros se aburren los domingos
Cuando se trata de correr para nosotros
Un poco de arena, sol y tablas
Un poco de sangre para hacer un poco de barro

Es la hora en que los tenderos se creen
Don Juan Es la hora en que las inglesas se creen Montherlant

¡Ah! ¿Quién nos dirá en qué piensa
Un toro que gira y baila
Y de repente se da cuenta de que está desnudo

¡Ah! ¿Quién nos dirá en qué sueña
Un toro cuyo ojo se levanta
Y descubre los cuernos de los cornudos

Los toros se aburren los domingos
Cuando se trata de sufrir para nosotros
Aquí están los picadores y la multitud se venga
Aquí están los toreros y la multitud está de rodillas

Es la hora en que los tenderos
se creen García Lorca
Es la hora en que las inglesas
se creen la Carmencita

Los toros se aburren los domingos
Cuando se trata de morir para nosotros
Pero la espada va a hundirse y la multitud se inclina
Pero la espada ha hundido y la multitud está de pie

Es el momento de triunfo donde los tenderos se creen Nerón
Es el momento de triunfo donde las inglesas se creen Wellington

¡Ah! ¿Acaso al caer al suelo
Los toros sueñan con un infierno
Donde arderían hombres y toreros difuntos

¡Ah! O tal vez en la hora de la muerte
No nos perdonarían
Pensando en Cartago, Waterloo y Verdún: Verdún.

Escrita por: Gérard Jouannest / Jacques Brel / Jean Corti