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Toast pour Pierrot

Jaime Roos

Brindis Por Pierrot

No lo vieron a Molina
Que no pisa más el bar
Dónde está la Gran Muñeca
Que no trilla el bulevar
Esta noche es de recuerdos
Este brindis por Pierrot
Volverás Mario Benítez
Con tu Línea Maginot
Qué será de los porteños
Ocupando el Liberaij
Qué dirá La Nueva Ola
Empapada de champán
Esta noche es de recuerdos
Este brindis por La Unión
Ahí estás Martíncorena
Escuchando esta canción

Me voy
Como se han ido tantos
Que el recuerdo disfrazó de santos
Y su historia se ha vuelto ilusión
Descubro
El dejo de amargura
Que ni la mejor partitura
Le pudo marcar a mi voz

Se van
Como se han ido tantos
Carnaval les regaló su manto
Su estampa se vuelve canción
Se han ido
Soplando candilejas
Esta noche no tengo ni quejas
Sin embargo el que llora soy yo

No se acuerdan de la Bruta
Con Pianito en su lugar
No me olvido más del Ñato
Imitando a Dogomar
Esta noche es de recuerdos
Este brindis por Pierrot
Quedan pocos Sabaleros
Aguantando el mostrador

Te estoy viendo a vos Benítez
En las páginas del Ring
Ni que hablar de un Picho López
Recostado en un casin
Esta noche es de recuerdos
Este brindis por Zelmar
No lo vieron a Molina
Que no pisa más el bar

Me voy
Me voy me vivo yendo
Esta noche me hizo vista el tiempo
En las copas me dieron changüí
Me llevo
Como un capricho burdo
La esperanza escondida en el zurdo
Que el Diablo se apiade de mí

Se van
Se van se siguen yendo
Cuesta abajo los sacude el viento
Como hojas de un sueño otoñal
Levanto
Mi vaso por las dudas
A veces la suerte me ayuda
Nadie golpea al zaguán

Oigan al payaso que canta
Cuántas penas en su garganta
Junto a su copa de licor
Solo
Esta noche no tengo ni tumba
Sin embargo el que canta soy yo

Miren al Pierrot callejero
De la noche fiel compañero
En su mejilla un lagrimón
Brilla
Le ha tocado pasarse la vida a solas con su corazón

Te largan a la cancha sin preguntarte si querés entrar
Por si fuera poco, de golero; toda una vida tapando agujeros
Y si en una de esas salís bueno, se tiran al suelo y te cobran penal

Oigan al payaso que canta
Cuántas penas en su garganta
Junto a su copa de licor
Solo
Esta noche no luce su ropa
Sin embargo le llaman Pierrot

Miren al Pierrot callejero

No sentiste, Viruta a los muchachos? Dicen que ando solo, qué saben ellos
Ellos no saben que siempre al lado mío está el niño Calatrava
Raviol, que se nos fue hace poco
A solas sí, a solas pero viviendo la vida, gozándola

Oigan al payaso que canta

Toast pour Pierrot

Vous n'avez pas vu Molina
Qui ne met plus les pieds au bar
Où est la Grande Poupée
Qui ne foule plus le boulevard
Cette nuit est faite de souvenirs
Ce toast pour Pierrot
Tu reviendras Mario Benítez
Avec ta Ligne Maginot
Que deviendront les portuaires
Occupant le Liberaij
Que dira La Nouvelle Vague
Imbibée de champagne
Cette nuit est faite de souvenirs
Ce toast pour L'Union
Te voilà Martíncorena
Écoutant cette chanson

Je m'en vais
Comme tant d'autres sont partis
Que le souvenir a déguisés en saints
Et leur histoire est devenue illusion
Je découvre
Le goût de l'amertume
Que même la meilleure partition
N'a pu marquer ma voix

Ils s'en vont
Comme tant d'autres sont partis
Le Carnaval leur a offert son manteau
Son image devient chanson
Ils sont partis
Soufflant des candélabres
Cette nuit je n'ai même pas de plaintes
Pourtant, celui qui pleure c'est moi

On ne se souvient pas de la Bruta
Avec Pianito à sa place
Je n'oublie pas le Ñato
Imitant Dogomar
Cette nuit est faite de souvenirs
Ce toast pour Pierrot
Il reste peu de Sabaleros
Supportant le comptoir

Je te vois Benítez
Dans les pages du Ring
Sans parler d'un Picho López
Adossé à un casino
Cette nuit est faite de souvenirs
Ce toast pour Zelmar
Vous n'avez pas vu Molina
Qui ne met plus les pieds au bar

Je m'en vais
Je m'en vais, je vis en partant
Cette nuit le temps m'a fait une visite
Dans les verres on m'a donné un coup de pouce
Je m'emporte
Comme un caprice grossier
L'espoir caché dans le gaucher
Que le Diable ait pitié de moi

Ils s'en vont
Ils s'en vont, ils continuent de partir
En descente, le vent les secoue
Comme des feuilles d'un rêve automnal
Je lève
Mon verre par précaution
Parfois la chance m'aide
Personne ne frappe à la porte

Écoutez le clown qui chante
Combien de peines dans sa gorge
Avec son verre de liqueur
Seul
Cette nuit il ne porte pas ses habits
Pourtant, on l'appelle Pierrot

Regardez le Pierrot des rues
De la nuit, fidèle compagnon
Sur sa joue une larme
Brille
Il a dû passer sa vie seul avec son cœur

On te lâche sur le terrain sans te demander si tu veux entrer
Pour couronner le tout, en tant que gardien ; toute une vie à boucher des trous
Et si un jour tu sors bien, ils se jettent au sol et te sifflent un penalty

Écoutez le clown qui chante
Combien de peines dans sa gorge
Avec son verre de liqueur
Seul
Cette nuit il ne brille pas dans ses vêtements
Pourtant, on l'appelle Pierrot

Regardez le Pierrot des rues

Tu n'as pas senti, Viruta, les gars ? Ils disent que je suis seul, que savent-ils
Ils ne savent pas que toujours à mes côtés est le petit Calatrava
Raviol, qui nous a quittés récemment
Seul oui, seul mais vivant la vie, en profitant

Écoutez le clown qui chante

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