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Habana à moi

Javier Ruibal

Habana Mía

Las guapas por los balcones,
los negros que se remangan,
huele a tabaco y malanga,
sabe a tostón y congrí.

Un príncipe de la danza
sobre sus piernas de atleta
ensaya su pirueta,
su grand jeté cinco mil.

El mago de las finanzas,
el as de la bicicleta,
resuelve su papeleta:
cambio jabón por café.
Hoy, papas por camisetas,
mañana tengo galletas,
pasado, vete a saber.

Y pongo punto y aparte,
ni de noche ni de día,
que tu risa no me falte,
Habana mía.

La furia del dios Caribe,
los días que se suceden,
dejaron en las paredes
todos los tonos del gris.

La mano, niña, que pinta,
como lo mandan los sueños,
un autobús que la lleva
de centro Habana a Madrid.

Como que la luna es blanca
y la ternura es morena,
bendita sabe la cena
sobre el pagano mantel.
Los besos que se repiten
sobre el eterno remite
de un corazón de papel.

Que pone punto y seguido,
ni de noche ni de día
¡Qué poca cosa te pido,
Habana mía!

La mirada impenetrable,
las llagas de la memoria,
las caricias que la gloria
ya no quiere repartir.

En el jardín donde crecen
las flores de la paciencia,
el árbol de la prudencia,
el reino del colibrí.
Es el delirio habanero,
dinero que no es dinero,
manisero sin maní.

Y pongo puntos suspensivos,
ni de noche ni de día,
ya sabes que no te olvido,
Habana mía.

Habana à moi

Les belles aux balcons,
les gars qui se retroussent,
ça sent le tabac et la malanga,
ça a le goût du tostón et du congrí.

Un prince de la danse
sur ses jambes d'athlète
répète sa pirouette,
ses grands jetés à cinq mille.

Le magicien des finances,
l'as de la bicyclette,
résout son problème :
changer du savon contre du café.
Aujourd'hui, des patates contre des t-shirts,
demain j'ai des biscuits,
après-demain, va savoir.

Et je mets un point et à part,
ni de nuit ni de jour,
que ton sourire ne me manque pas,
Habana à moi.

La fureur du dieu Caraïbe,
les jours qui se succèdent,
ont laissé sur les murs
tous les tons de gris.

La main, petite, qui peint,
comme le veulent les rêves,
un bus qui l'emmène
de la Havane à Madrid.

Comme que la lune est blanche
et la tendresse est brune,
bénie soit le dîner
sur la nappe païenne.
Les baisers qui se répètent
sur l'éternel envoi
d'un cœur en papier.

Qui met un point et suivi,
ni de nuit ni de jour,
ce n'est pas grand-chose que je te demande,
Habana à moi !

Le regard impénétrable,
les blessures de la mémoire,
les caresses que la gloire
ne veut plus distribuer.

Dans le jardin où poussent
les fleurs de la patience,
l'arbre de la prudence,
le royaume du colibri.
C'est le délire havanais,
d'argent qui n'est pas de l'argent,
des vendeurs de cacahuètes sans cacahuètes.

Et je mets des points de suspension,
ni de nuit ni de jour,
tu sais que je ne t'oublie pas,
Habana à moi.