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Allons au Sud

Joaquín Sabina

Vámonos Pa'l Sur

Cansado de los besos que no me dabas
Líbido por exceso de sangre fría
Desanudé los nudos que me amordazaban
La boca del embudo de la alegría

Porque invertir en latas de sopa boba
Es como barnizar el propio ataúd
Te hubiera dado más de lo que me robas
Le dije al norte cuando me fui pa'l sur

Con dos o tres metáforas en la nuca
Y una gota de plomo en el lacrimal
Mi dueto del cuá-cuá con el pato Lucas
Rodó por los baretos de la ciudad

¿Qué queréis?, aprendí a malvivir del cuento
Pintando autorretratos al portador
Si faltan emociones me las invento
La madrugada no tiene corazón

La salsa de tomate de las heridas
Se corta con un chute de vanidad
Los pájaros no saben de despedidas
Ni dejan prisioneros cuando se van

La cresta de los gallos sin gallinero
Pa'l caldo del puchero del día después
Ayer no me querías, hoy no te quiero
Mañana no tendremos a quien querer

Con dos o tres carámbanos en las tripas
Y un billete de ida a ningún lugar
Mi jeta, mi bombín y mi buena pipa
Me abrieron las ventanas del más acá

No os paséis con la ley dímelo en la calle
Le dijo qué sé yo a ciudadano quién
A falta de sustancia sobran detalles
De la estación de Francia ya sale el tren

¿Qué queréis?, aprendí a malvivir del cuento
Pintando autorretratos al portador
Si faltan emociones me las invento
La madrugada no tiene corazón

Allons au Sud

Fatigué des baisers que tu ne me donnais
L’excès de libido, le sang froid
J'ai dénoué les nœuds qui me bâillonnaient
La bouche de l'entonnoir de la joie

Parce qu’investir dans des boîtes de soupe
C’est comme vernir son propre cercueil
Je t'aurais donné plus que ce que tu me voles
J’ai dit au nord quand je suis parti au sud

Avec deux ou trois métaphores dans la nuque
Et une goutte de plomb sur le cil
Mon duo de coassement avec Daffy Duck
A roulé dans les bistrots de la ville

Que voulez-vous ? J’ai appris à survivre au récit
Peignant des autoportraits au porteur
S'il manque d'émotions, je les invente
L’aube n’a pas de cœur

La sauce tomate des blessures
Se coupe avec un shoot de vanité
Les oiseaux ne savent pas dire adieu
Ni laisser des prisonniers en partant

La crête des coqs sans poulailler
Pour le bouillon du lendemain
Hier tu ne m’aimais pas, aujourd'hui je ne t'aime pas
Demain, on n’aura personne à aimer

Avec deux ou trois stalactites dans les tripes
Et un billet aller vers nulle part
Mon visage, mon chapeau melon et ma bonne pipe
Ont ouvert les fenêtres du plus près

Ne dépassez pas les bornes, dis-le-moi dans la rue
Dit je ne sais qui au citoyen
Faute de substance, les détails sont en trop
Le train part déjà de la gare de France

Que voulez-vous ? J’ai appris à survivre au récit
Peignant des autoportraits au porteur
S'il manque d'émotions, je les invente
L’aube n’a pas de cœur