Balada de Tolito
Tolito tiene un dado y una paloma
Una tos y una copa llena de vino
Y unas ropas con polvo de los caminos
Caminos que jamás llevaban a Roma
Mago de las barajas y la sonrisa
Malabarista errante de las plazuelas
Corazón que le sale por la camisa
Botas de andar sin prisa ni mediasuela
Empieza la función, pongan atención
El circo cabe en un asiento del vagón
Empieza la función, pongan atención
Billete de segunda, próxima estación
A no ser por el alma y por la melena
De sus vecinos no se distinguiría
Su oficio es retorcerle el cuello a la pena
Y abrir una ventana a la fantasía
Para dormir a pierna suelta le basta
Con tener para vino, pan y tabaco
Igual te rifa un peine que echa las cartas
Y saca el rey de bastos de tu sobaco
Si quieres verlo, ven, busca en el andén
Tolito siempre está bajando de algún tren
Si quieres verlo, ven, busca en el andén
Tolito siempre está subiendo al primer tren
Cada vez que se enceuntran dos caminantes
Se cuentan sus andanzas y sus querellas
Le cuelgan a la noche un interrogante
Y llegan hasta el fondo de las botellas
Luego, entre cuatro muros y dos escuetos
Colchones, rescatados de la miseria
Se intercambian los trucos y los secretos
Del arte de ir rodando de feria en feria
Ponnos dos copas más antes de cerrar
Morirse debe ser dejar de caminar
Ponnos dos copas más antes de cerrar
Hoy bebo a tu salud, mañana Dios dirá
Balade de Tolito
Tolito a un dé et une colombe
Une toux et un verre plein de vin
Et des vêtements couverts de poussière des chemins
Des chemins qui n'ont jamais mené à Rome
Magicien des cartes et du sourire
Acrobate errant des petites places
Un cœur qui déborde de sa chemise
Des bottes pour marcher sans hâte ni semelle
La représentation commence, soyez attentifs
Le cirque tient dans un siège du wagon
La représentation commence, soyez attentifs
Billet de seconde classe, prochaine station
À part pour l'âme et pour la chevelure
De ses voisins, on ne le distinguerait pas
Son métier est de tordre le cou à la peine
Et d'ouvrir une fenêtre sur la fantaisie
Pour dormir à poings fermés, il lui suffit
D'avoir du vin, du pain et du tabac
Il te tire un peigne ou te lit les cartes
Et sort le roi de bâtons de ton aisselle
Si tu veux le voir, viens, cherche sur le quai
Tolito descend toujours d'un train
Si tu veux le voir, viens, cherche sur le quai
Tolito monte toujours dans le premier train
Chaque fois que deux marcheurs se rencontrent
Ils se racontent leurs aventures et leurs querelles
Ils accrochent à la nuit un interrogatoire
Et vont jusqu'au fond des bouteilles
Puis, entre quatre murs et deux matelas
Récupérés de la misère
Ils échangent les tours et les secrets
De l'art de rouler de foire en foire
Servez-nous deux verres de plus avant de fermer
Mourir, ça doit être arrêter de marcher
Servez-nous deux verres de plus avant de fermer
Aujourd'hui je bois à ta santé, demain Dieu dira
Escrita por: J. Sabina