395px

Deux Heures Après

Joaquín Sabina

Dos Horas Después

La tarde consumió su luego fatuo
Sin carne, sin pecado, sin quizás
La noche se agavilla como un ave
A punto de emigrar

Y el mundo es un hervor de caracolas
Ayunas de pimienta, risa y sal
Y el Sol es una lágrima en un ojo
Que no sabe llorar

Tu espalda es el ocaso de septiembre
Un mapa sin revés ni marcha atrás
Una gota de orujo acostumbrada
Al desdén de la mar

Y al cabo el calendario y sus ujieres
Disecando el oficio de soñar
Y la espuela en la tasca de la esquina
Y el vicio de olvidar

Por el renglón del corazón
Cada mañana descarrila un tren
Y al terminar vuelta a empezar
Dos horas después de amancer

Tiene la vida un lánguido argumento
Que no se acaba nunca de aprender
Sabe a licor y a Luna despeinada
Que no quita la sed

La noche ha consumido sus botellas
Dejándose un jirón en la pared
Han pasado los días como hojas
De libros sin leer

Deux Heures Après

L'après-midi a consumé son temps futile
Sans chair, sans péché, sans peut-être
La nuit s'emmêle comme un oiseau
Prêt à s'envoler

Et le monde est une ébullition de coquillages
À jeun de poivre, de rires et de sel
Et le Soleil est une larme dans un œil
Qui ne sait pas pleurer

Ton dos est le crépuscule de septembre
Une carte sans verso ni retour en arrière
Une goutte d'orujo habituée
Au mépris de la mer

Et finalement le calendrier et ses huissiers
Disséquant le métier de rêver
Et le éperon dans le bar du coin
Et le vice d'oublier

Sur la ligne du cœur
Chaque matin un train déraille
Et à la fin, on recommence
Deux heures après l'aube

La vie a un argument languissant
Qui ne finit jamais d'être appris
Elle a le goût de liqueur et de Lune décoiffée
Qui n'étanche pas la soif

La nuit a consommé ses bouteilles
Laissant un lambeau sur le mur
Les jours sont passés comme des feuilles
De livres non lus

Escrita por: Varona Pancho, Sabina Joaquin, Antonio Perez, Jose Caballero Bonald