395px

Une Dernière Valse

Joaquín Sabina

Un Último Vals

Cuando no salga mi jeta en los diarios
Ni los novios bailen ya Noches de Boda
Cuando solo esté de moda si me caigo otra vez del escenario
Cuando el otoño esté más loco que una cabra
Cuando cenes en el bar del hospital
Cuando ensayen los colegas las palabras que dirán el día de mi funeral

Cuando no sepa la orquesta la canción que te escribí
Cuando las casas de apuestas no den un euro por mí
Cuando cierren las cantinas y el laurel de mi corona sea de espinas
Aún voy a guardar un último vals para ti

Tú, que corriste a rescatarme de las llamas
Tú, que pusiste paz en mi ciudad sin ley
Tú, que aprendiste en mis electrocardiogramas
Que hace tiempo que no sigo siendo el rey

Yo, que soy cinturón negro en pesimismo
Que me fundo en cuatro copas el jornal
Que prefiero ser cualquiera a ser yo mismo
Que prefiero ser Don Nadie a ser Don Juan

Cuando la Luna se esconda para no verme sufrir
Cuando, en mis noches de ronda, ni Leiva me pida un bis
Y guarde luto la nieve, y no salgan las estrellas cuando deben

Cuando, ciertas mañanitas, no me pueda ni vestir
Deshojando margaritas que nunca dicen que sí
Cuando agonicen las flores y los pájaros padezcan mal de amores
No olvides guardar un último vals para mí

Cuando enmudezcan por decreto los cantantes
Y los amantes hagan huelga general
Y los mejores estudiantes se doctoren con honores
En el arte de ignorar

Cuando no sepa la orquesta la canción que te escribí
Cuando las casas de apuestas no den un euro por mí
Cuando cierren las cantinas y se baile reguetón en la oficina
Aún voy a guardar un último vals para ti

No olvides guardar un último vals para mí

Une Dernière Valse

Quand ma tronche ne sera plus dans les journaux
Ni les amoureux ne danseront plus les Noces d'Or
Quand ce ne sera à la mode que si je tombe encore de la scène
Quand l'automne sera plus fou qu'une chèvre
Quand tu dîneras au bar de l'hôpital
Quand les potes répéteront les mots qu'ils diront le jour de mes funérailles

Quand l'orchestre ne saura pas la chanson que je t'ai écrite
Quand les bookmakers ne miseront pas un centime sur moi
Quand les bars fermeront et que le laurier de ma couronne sera d'épines
Je vais encore garder une dernière valse pour toi

Toi, qui as couru me sauver des flammes
Toi, qui as apporté la paix dans ma ville sans loi
Toi, qui as appris dans mes électrocardiogrammes
Que ça fait longtemps que je ne suis plus le roi

Moi, qui suis ceinture noire en pessimisme
Qui dépense mon salaire en quatre verres
Qui préfère être n'importe qui plutôt qu'être moi-même
Qui préfère être Monsieur Personne plutôt que Don Juan

Quand la Lune se cache pour ne pas me voir souffrir
Quand, lors de mes nuits de ronde, même Leiva ne me demandera pas de rappel
Et que la neige porte le deuil, et que les étoiles ne sortent pas quand il le faut

Quand, certaines matinées, je ne pourrai même pas m'habiller
En effeuillant des marguerites qui ne disent jamais oui
Quand les fleurs agoniseront et que les oiseaux souffriront d'amour
N'oublie pas de garder une dernière valse pour moi

Quand les chanteurs se tairont par décret
Et que les amants feront grève générale
Et que les meilleurs étudiants obtiendront leur doctorat avec honneurs
Dans l'art d'ignorer

Quand l'orchestre ne saura pas la chanson que je t'ai écrite
Quand les bookmakers ne miseront pas un centime sur moi
Quand les bars fermeront et qu'on dansera du reggaeton au bureau
Je vais encore garder une dernière valse pour toi

N'oublie pas de garder une dernière valse pour moi

Escrita por: Joaquín Sabina / Benjamín Prado / Leiva