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Couvre-feu

Jorge Drexler

Toque de Queda

En tu propia fuente llorará la luna,
Con lágrimas hechas de gota de seda,
Haciendo que pese la bruma en la bruma
En la soledad del toque de queda,
En la soledad del toque de queda.

La mano que toca queda suspendida,
A medio suspiro apenas del beso,
Gemido a gemido se abre la herida
Y la noche cae por su propio peso,
Y la noche cae por su propio peso.

Por cada rendija, el tiempo vuelve a las casas
Como una humareda en la soledad del toque de queda

Una lengua extraña murmura su precio
Y otra lengua paga moneda a moneda.
Cada trapecista suelta su trapecio
En la soledad del toque de queda,
En la soledad del toque de queda.

Couvre-feu

Dans ta propre source, la lune pleurera,
Avec des larmes faites de gouttes de soie,
Faisant peser la brume dans la brume
Dans la solitude du couvre-feu,
Dans la solitude du couvre-feu.

La main qui touche reste suspendue,
À moitié soupir, à peine d'un baiser,
Gémissement après gémissement, la plaie s'ouvre
Et la nuit tombe sous son propre poids,
Et la nuit tombe sous son propre poids.

Par chaque fissure, le temps revient dans les maisons
Comme une fumée dans la solitude du couvre-feu.

Une langue étrangère murmure son prix
Et une autre langue paie pièce par pièce.
Chaque trapéziste lâche son trapèze
Dans la solitude du couvre-feu,
Dans la solitude du couvre-feu.

Escrita por: Jorge Drexler