Recuerdos de luna clara
Primo que luna tan clara
Que luna tan clara primo
Provoca ensillá un caballo
Mansito y de paso fino
Cobijarse de romance
Y agarrar por un camino
Con una botella de caña
Para un baile campesino
A tiempos que ya se fueron
Y no volvieron cual vendaval peregrino
Que se llevaron cenizas
Y astillas de mi destino
Hoy los pinto en la memoria
Mientras evoco en mi trino
Mis correrías de muchacho
Laborioso y libertino
Con el candil del cocuyo
Oscureciendo entre voces del pinguingo
Y un coro que se confunde de grillo y aguaitacaminos
Regendía picas de invierno
En lomos de un buey barcino
Espantándome los tábanos
Con ramas de clavellino.
Recuerdo que me vestía
Con ropa buena de lino
Alpargatas guachareñas
Y un sombrero borsalino
Pelo e guama bien criollito
Modelo feria platino
Así llegaba a los bailes
Como llanero genuino
En los baúles de mi pecho
Llano de mi alma, guardo como pergaminos
La flecha de una mirada
De un profundo cristalino
El almíbar de unos labios
Fresa de sabor divino
La guitarra de un cuerpazo
La piel de un rostro angelino
En ti la veo reflejada
Mi luna clara
Besos su mano y me inclino
La llamo a la realidad
Son ilusiones no atino
Y entonces cuentos las noches
De pasión y no termino
En un silvestre derroche
Con ella junto al molino
Souvenirs de lune claire
Primo, quelle lune si claire
Quelle lune si claire, primo
Elle me pousse à seller un cheval
Doux et au pas léger
Se blottir dans le romantisme
Et prendre un chemin
Avec une bouteille de rhum
Pour une danse campagnarde
À l'époque qui est déjà partie
Et ne reviendra pas comme un vent errant
Qui a emporté des cendres
Et des éclats de mon destin
Aujourd'hui je les peins dans ma mémoire
Tandis que j'évoque dans mon chant
Mes escapades de gamin
Travailleur et libertin
Avec la lampe du luciole
S'assombrissant parmi les voix du pinguingo
Et un chœur qui se mélange de grillons et d'aguaitacaminos
Régendait des piques d'hiver
Sur le dos d'un bœuf barcino
Chassant les taons
Avec des branches de clavelino.
Je me souviens que je m'habillais
Avec de beaux vêtements en lin
Des espadrilles guachareñas
Et un chapeau borsalino
Cheveux de guama bien créole
Modèle de la foire platine
C'est ainsi que j'arrivais aux danses
Comme un llanero authentique
Dans les coffres de ma poitrine
Plaines de mon âme, je garde comme des parchemins
La flèche d'un regard
D'un profond cristal
Le sirop de lèvres
Fraise au goût divin
La guitare d'un corps
La peau d'un visage angélique
En toi je la vois reflétée
Ma lune claire
J'embrasse sa main et je m'incline
Je l'appelle à la réalité
Ce sont des illusions, je ne m'y retrouve pas
Et alors je compte les nuits
De passion et je ne termine pas
Dans un débauche sauvage
Avec elle près du moulin