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La Ville Vide (Premier Mouvement)

Jorge Lopez Ruiz

La Ciudad Vacia (Primer Movimiento)

Primero fueron los puñales
Después vino la orilla y toda la amargura
De un malevaje que se estaba yendo
Entre un golpe de baraja
Y alguna muerte casual
Que uno había prometido

Llegaron todas las broncas inmigrantes
Y trajeron la historia y la leyenda
Derramaron el idioma por la calle
Y, de a poco
Se fueron adueñando del lenguaje

Y después se fueron los boliches
El estaño se apagó como las velas
El vino empezó a tomarse con apuro
Y alguien dijo amor
En una esquina del centro
Y se olvidaron del tango y del compadre

Entonces, entonces
La ciudad se fue poblando de vacíos
Ya nadie conversaba como antes
El ruido del mateo se quedó en Palermo
Llegó rumor de muerte para el barrio

Ahora nadie se acuerda, pero dicen
Que Buenos Aires tiene un bandoneón anclado
Una guitarra milonga por Pompeya
Y un hombre proletario apuñalado

La Ville Vide (Premier Mouvement)

D'abord ce furent les poignards
Puis vint le rivage et toute l'amertume
D'un malfrat qui s'en allait
Entre un coup de cartes
Et une mort accidentelle
Qu'on avait promise

Toutes les disputes des immigrés arrivèrent
Et elles apportèrent l'histoire et la légende
Elles déversèrent la langue dans la rue
Et, peu à peu
Elles s'approprièrent le langage

Puis les bars disparurent
L'étain s'éteignit comme les bougies
Le vin commença à être bu à la hâte
Et quelqu'un a dit amour
Au coin d'une rue du centre
Et ils oublièrent le tango et le compadre

Alors, alors
La ville se peupla de vides
Plus personne ne parlait comme avant
Le bruit du maté resta à Palermo
Un murmure de mort arriva dans le quartier

Maintenant personne ne s'en souvient, mais on dit
Que Buenos Aires a un bandonéon ancré
Une guitare milonga à Pompeya
Et un homme prolétaire poignardé

Escrita por: Jose Tcherkaski, Jorge Lopez Ruiz