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Cimbreando

José Larralde

Cimbreando

Si una vez pedí permiso...
si una vez pedí permiso esta vez no viá a pedir nada
cansado de saltar pialada me he hecho medio escurridizo
no se si será preciso que explique mi situación
no se si será cuestión de afilar el desembuche
pero se que el que me escuche me prestará su atención.
Todo aquel que alguna vez
me escucho con sentimiento
sabe bien que no le miento y que no doy de revés
naide me ha visto de juez pues me falta autoridá
pero no puedo callar lo que naides debería
la jeta que tengo es mía y me la han hecho para hablar
Disgraciado el que se calla
pobrecito el silencioso
que castigo doloroso cuando la vergüenza falla
quien tiene que muestre agalla y me diga que no es cierto
que el vivo que vive muerto aferrado a su tembleque
siempre espera que se seque para ira agregar el huerto
Quien tenga mejor razón que vomite el desengaño
no viví juntando año pa´ hacerme burro osobón
Dios me ha dado un corazón y por rispeto al regalo
con diente palo o uña defenderé su postura
yo se que me sobra achura pa´ empachar a mas de un malo
soy amigo del que quiera pero no me den manija
el que guste que me elija y el que no me deje ajuera
no nací pa´ ser cumbrera pues me gusta ser orcón
y como soy el patrón de mi propia voluntá
quiero estar donde hay que estar vomitando mi opinión
Tan solo le pido a Dios
como gauchada final
que me deje con mi mal de poder alzar la voz
yo que he sido domador, pion de a pie y hasta hachador,
resero de lo mejor y hasta me prendí al arao
solo me queda el tostao y el recadito cantor
Todo por no asosegar
ni la palabra ni el gesto
porque nunca hallé pretesto pa´ que me quieran prepiar
porque no supe callar lo que callar no debía
porque fue la vida mía arriador pa´ l atropello
hoy solo tengo el risueyo y esta tristeza tan fría
Porque no di la liberta pa´ engordar al candidato
porquen nunca fui barato ni me compraron la jeta
porque no fui gallareta que se escuende en el juncal
porque ante el bien o ante el mal yo siempre puse la cara
hoy tengo la idea clara pero grande el chiripá
Por eso no tengo un perro que me ladre la osamenta
porque nunca me hice cuenta ni de lata ni de fierro
tengo razón y no le erro cuando digo que el derecho
empieza donde arranca el pecho y termina en el bolsillo
no tiene ni calzoncillo quien siempre encara el repecho
No es lo mismo el montón lerdo
que el montón hecho de apuro
el lerdo es el mas seguro el otro hecha olor a cerdo
cuando digo esto me muerdo porque siempre elegí el mas lerdo
y me quede con el cuento de migran filosofía
las cosas que yo creía se las ha llevao el viento
Hoy pienso en la humanidá
igual que ayer y mañana
se va muriendo con ganas de llegar a la verdá
se que no es casualidá que el hombre viva amargado
embuchando un entripao producto de su inocencia
unos le llaman paciencia y yo tiempo mal gastado
Con rispeto a la razón, alguna se que le acierto
tocar el cielo de murto no es ninguna solución
conozco a mas de un varón que se adormece entre palma
hechas con las pobres alma de los difunto en vida
suelen ser las mas podridas las aguas que están mas calmas
Corazón que tiene pena puede legara extraviarse
como la pava volcarse si al hervir esta muy llena
lleva la misma condena el clavo que la madera
una se hincha pa´ ajuera y el otro pierde su brillo
y el que goza es el martillo cuando se ciembra y golpea
Cosa que aprendí de viejo
antes de llegar a serlo
una de mirar y verlo, otras de mi propio espejo
cosas que no son consejo ni siquiera comentario
lo mesmito que un rosario cuenta que naide las reza
pero niebla su cabeza con su cruces y calvario
Aunque he vivido a los saltos no viví sobresaltado
a las cosas que he pasado ni les suebro ni les falto
nunca quise volar alto siempre volé a lo perdido
ansí contemplé el matiz de la vida y sus porfía
las cosa que no sabía las supe por la raíz
Volar alto es la grandeza
pa´ los que van de aguilucho
pero el hombre ha de ser ducho pa´ no enturbiar la cabeza
yo me aferré a la riqueza de andar cerquita del suelo
una tranquiada ni un vuelo ni cansa ni perjudica
la tierra es grande o es chica de acuerdo con los anhelos
Y aquí estoy ni mas ni menos con lo que Dios me ofreció
el hombre siempre vivió entro lo malo y lo bueno
algunos mascan el freno otros viven cabestreando
otros por andar cediendo terminan en mortadela
y yo soy burro de escuela y me la paso patiando
Pero no dejo de ser
apenas un pobre criollo
y si una vez fui pimpollo ya de dentrado a envejecer
los año se dejan ver sin cuzco que los espante
siempre marchan adelante y por más que el hombre avance
no hay almanaque que alcance, ni crestiano que lo aguante
Sin embargo y a pesar de tanta potencia junta
me he quedao con una punta que no me podrán quitar
me han ayudado a pensar a observar y a preguntarme
quien ha podido cambiarme, quien me ha podido torcer
conciente de mi deber ya nada puede asustarme
No me gusta oír excusas
porque no soy confesor
tan solo soy decidor sin fusa ni semifusa
vivo sacando pelusas del rincón de los olvido
si sufro por ser sufrido soñador de la justicia
peleo por la delicia de no vivir sometido

Cimbreando

Si un jour j'ai demandé la permission...
si un jour j'ai demandé la permission, cette fois je ne demanderai rien
fatigué de sauter à pieds joints, je suis devenu un peu glissant
je ne sais pas s'il est nécessaire d'expliquer ma situation
je ne sais pas si c'est une question d'affûter le déballage
mais je sais que celui qui m'écoute prêtera attention.
Tout ceux qui m'ont déjà
écouté avec sentiment
savent bien que je ne mens pas et que je ne fais pas de faux
personne ne m'a vu en juge car il me manque de l'autorité
mais je ne peux pas me taire sur ce que personne ne devrait
la gueule que j'ai est à moi et elle a été faite pour parler
Malheureux celui qui se tait
pauvre silencieux
quel châtiment douloureux quand la honte échoue
celui qui doit montrer du courage et me dire que ce n'est pas vrai
que le vivant qui vit mort, accroché à son tremblement
attend toujours que ça sèche pour aller ajouter le jardin
Celui qui a meilleure raison qu'il vomisse le désenchantement
je n'ai pas vécu à accumuler des années pour devenir un âne
Dieu m'a donné un cœur et par respect pour ce cadeau
avec une dent en bois ou un ongle, je défendrai sa position
je sais que j'ai de quoi embêter plus d'un mauvais
je suis ami de celui qui veut mais ne me donnez pas de fil à retordre
celui qui veut peut me choisir et celui qui ne veut pas me laisse dehors
je ne suis pas né pour être un chef, j'aime être un gros
et comme je suis le patron de ma propre volonté
je veux être là où il faut, vomissant mon opinion
Je demande juste à Dieu
comme faveur finale
qu'il me laisse avec mon mal de pouvoir élever la voix
moi qui ai été dompteur, pion de pied et même bûcheron,
meilleur des réservistes et même je me suis accroché à l'arao
il ne me reste que le grillé et le petit mot chanteur
Tout ça pour ne pas m'assagir
ni la parole ni le geste
parce que je n'ai jamais trouvé de prétexte pour qu'on veuille me faire taire
parce que je n'ai pas su me taire sur ce que je ne devais pas taire
parce que ma vie a été un conducteur pour l'attaque
aujourd'hui je n'ai que le sourire et cette tristesse si froide
Parce que je n'ai pas donné la liberté pour engraisser le candidat
parce que je n'ai jamais été bon marché ni on ne m'a acheté la gueule
parce que je n'ai pas été un lâche qui se cache dans le jonc
parce qu'en bien ou en mal, j'ai toujours mis la tête
aujourd'hui j'ai l'idée claire mais grand le chiripá
C'est pourquoi je n'ai pas de chien qui me grogne les os
parce que je n'ai jamais fait attention ni à la ferraille ni au métal
j'ai raison et je ne me trompe pas quand je dis que le droit
commence là où commence la poitrine et finit dans la poche
n'a même pas de caleçon celui qui affronte toujours la pente
Ce n'est pas la même chose le tas de bêtises
que le tas fait à la hâte
le bête est le plus sûr, l'autre sent le cochon
quand je dis ça je me mords parce que j'ai toujours choisi le plus bête
et je suis resté avec le conte de la philosophie migrante
les choses que je croyais, le vent les a emportées
Aujourd'hui je pense à l'humanité
comme hier et demain
elle meurt avec l'envie d'arriver à la vérité
je sais que ce n'est pas une coïncidence que l'homme vive amer
enfouissant un mal produit de son innocence
certains l'appellent patience et moi temps mal dépensé
Avec respect pour la raison, certaines je sais que j'ai raison
toucher le ciel des morts n'est aucune solution
je connais plus d'un homme qui s'endort entre les paumes
faites avec les pauvres âmes des défunts en vie
ce sont souvent les plus pourries, les eaux qui sont les plus calmes
Un cœur qui a de la peine peut finir par se perdre
comme la dinde se renverser si elle est trop pleine en bouillant
il porte la même condamnation le clou que le bois
l'un se gonfle vers l'extérieur et l'autre perd son éclat
et celui qui jouit est le marteau quand il sème et frappe
Chose que j'ai appris en vieillissant
avant d'arriver à l'être
une de regarder et de voir, d'autres de mon propre miroir
choses qui ne sont pas des conseils ni même des commentaires
le même que le rosaire compte que personne ne les prie
mais il brouille sa tête avec ses croix et son calvaire
Bien que j'ai vécu par à-coups, je n'ai pas vécu sursauté
aux choses que j'ai traversées, je ne les surenchéris ni ne les manque
je n'ai jamais voulu voler haut, j'ai toujours volé vers le perdu
ainsi j'ai contemplé la nuance de la vie et ses querelles
les choses que je ne savais pas, je les ai sues par la racine
Volez haut est la grandeur
pour ceux qui se prennent pour des aigles
mais l'homme doit être habile pour ne pas troubler sa tête
je me suis accroché à la richesse d'être près du sol
une tranquillité ni un vol ne fatigue ni ne nuit
la terre est grande ou petite selon les désirs
Et me voilà, ni plus ni moins, avec ce que Dieu m'a offert
l'homme a toujours vécu entre le mal et le bien
certains mordent le frein, d'autres vivent en tirant
d'autres en cédant finissent en mortadelle
et je suis un âne d'école et je passe mon temps à donner des coups de pied
Mais je ne cesse d'être
à peine un pauvre créole
et si un jour j'ai été un bourgeon, je suis déjà en train de vieillir
les années se laissent voir sans un coucou qui les effraie
elles avancent toujours et peu importe combien l'homme avance
il n'y a pas d'almanach qui tienne, ni chrétien qui le supporte
Cependant, et malgré tant de puissance réunie
je suis resté avec une pointe qu'on ne pourra pas me prendre
ils m'ont aidé à penser, à observer et à me demander
qui a pu me changer, qui a pu me tordre
conscient de mon devoir, rien ne peut plus m'effrayer
Je n'aime pas entendre d'excuses
parce que je ne suis pas confesseur
je suis juste un diseur sans fioritures ni demi-fioritures
je vis à sortir des peluches du coin de l'oubli
si je souffre d'être un souffrant, rêveur de justice
je me bats pour le délice de ne pas vivre soumis.

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