De Puro Solo
Nació guacho nomás,
y se quedó parado
con los ojos marrones de silencio,
esperando crecer de pura suerte,
a lo mejor se salva de la maquina
y yo lo vuelva a ver
al costado del camino, y charle con él,
tal vez, de tamarisco.
Allá estaba, solito en un costado
menos árbol que planta,
y más que planta
un esqueleto flaco de madera
como un Cristo
sin madre que se aguanta,
allá estaba, solito en un costado,
sujetando su sombra desde abajo,
que echada sobre el suelo se ha quedado
como esperando que le nazca un gajo.
Allá estaba,
sufriendo a tamarisco,
como se sufre a hombre en soledades,
ni antes,
ni después de ser arisco
tienen el mismo gusto las verdades,
porque sólo el dolor de ser un solo
hace la cantidad y la belleza
cada solo es un mundo que da vuelta,
sobre su propio mundo de grandeza.
Nació guacho nomás,
y allá estaba,
solito en un costado,
menos árbol que planta,
y más que planta,
un esqueleto flaco
como un Cristo sin madre...
que se aguanta.
De Puro Solo
Né sans père, tout seul,
et il est resté là,
avec ses yeux marron pleins de silence,
en attendant de grandir juste par chance,
peut-être qu'il échappera à la machine
et que je le reverrai
au bord de la route, et je discuterai avec lui,
peut-être, d'un tamaris.
Là-bas, il était, tout seul sur le côté,
moins arbre que plante,
et plus que plante,
un squelette maigre en bois
comme un Christ
sans mère qui le soutienne,
là-bas, il était, tout seul sur le côté,
retenant son ombre d'en bas,
qui, étendue sur le sol, est restée
comme attendant qu'une pousse lui naisse.
Là-bas, il était,
souffrant de tamaris,
comme on souffre d'un homme dans la solitude,
ni avant,
ni après avoir été renfrogné
les vérités n'ont pas le même goût,
car seulement la douleur d'être seul
fait la quantité et la beauté.
chaque solitude est un monde tournant,
sur son propre monde de grandeur.
Né sans père, tout seul,
et là-bas, il était,
seul sur le côté,
moins arbre que plante,
et plus que plante,
un squelette maigre
comme un Christ sans mère...
qui se maintient.