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Même si c'est le Hornero

José Larralde

Mesmo que El Hornero

Como imitando al hornero
hice un ranchito de barro,
donde abrigo a mis cachorros
y a la mujer que venero.

Tiene los cuatro esquineros
rodeado de amor materno,
me costó varios inviernos,
con otros tantos veranos,
porque lo han hecho estas manos
será que tanto lo quiero.

He visto dentrar mil soles,
he visto llegar mil noches,
sin protestas ni reproches,
siempre pegado al adobe.

Bien haiga mi suerte pobre,
trabajar de enero a enero,
con pacencia y con esmero,
con cariño y con amor,
hice un ranchito cantor,
igualito que el hornero.

Lindo es ver al pajarito
cuando comienza su nido,
va volido tras volido
recorriendo los charquitos,
llevando barro en el pico
trabaja sin descansar,
ansi tuve yo que andar
como pájaro barrero,
si pa ser como el hornero
sólo me falta volar.

No cuento lo que he sufrido
porque el techo está primero,
si trabajé cual hornero,
para levantar mi nido,
es un deber que he cumplido,
puedo decirlo orgulloso,
y si hoy de esa dicha gozo,
sólo me resta pedir,
que Dios me deje vivir
pa ver mis hijos mozos.

Même si c'est le Hornero

Comme un hornero, j'ai fait
une petite maison en terre,
qui abrite mes petits chiots
et la femme que je vénère.

Elle a quatre coins bien marqués,
entourée d'amour maternel,
j'ai mis des hivers à la bâtir,
avec autant d'étés,
car ces mains l'ont façonnée,
c'est pour ça que je l'aime tant.

J'ai vu entrer mille soleils,
j'ai vu arriver mille nuits,
sans plaintes ni reproches,
j'ai toujours été collé à l'adobe.

Que ma pauvre chance soit bonne,
travailler de janvier à janvier,
avec patience et soin,
avec tendresse et amour,
j'ai fait une petite maison chanteuse,
pareille à celle du hornero.

C'est beau de voir le petit oiseau
quand il commence son nid,
volée après volée,
il parcourt les petits ruisseaux,
portant de la terre dans son bec,
il travaille sans se reposer,
j'ai dû moi aussi marcher
comme un oiseau bâtisseur,
car pour être comme le hornero,
il ne me manque que de voler.

Je ne compte pas ce que j'ai souffert
car le toit passe avant,
si j'ai travaillé comme un hornero,
pour élever mon nid,
c'est un devoir que j'ai accompli,
je peux le dire avec fierté,
et si aujourd'hui je goûte à ce bonheur,
il ne me reste plus qu'à demander,
que Dieu me laisse vivre
pour voir mes enfants grandir.