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Oisillon

José María Napoleón

Pajarillo (part. Luis Humberto Navejas)

Maquillaje a granel, usaba a diario
Y vendía su piel a precio caro
De las ocho a las diez en una esquina
Era joven infiel, era rosa y espina

Y se llamaba, no sé, nunca lo supe
Nunca le pregunté, nunca dispuse
De su tiempo y su piel, era un mocoso
Y tan solo le miré de pozo en pozo

Y era un pajarillo de blancas alas
De balcón en balcón, de plaza en plaza
Vendedora de amor, ofrecedora
Para el mejor postor de su tonada

Cinco inviernos pasaron y ahí seguía
La misma hora de ayer, la misma esquina
Era joven y fiel, y aún tenía la rosa de su piel (la rosa de su piel)
Y más grande de espina

Y sonreía al pasar de los mirones
Bajo de aquel farol, noche tras noche
Veinte veces se la llevaron presa
Y cantó su canción tras de las rejas

Y era un pajarillo de blancas alas
De balcón en balcón, de plaza en plaza
Vendedora de amor, ofrecedora
Para el mejor postor de su tonada

Se le arrugó la piel
Y el maquillaje suficiente no fue para taparle
La huella que dejó el sexto invierno
Se le acabó el color y hasta el aliento

Y de las ocho a las diez, solo en la esquina
Se quedó aquel farol y aquella espina
La rosa no sé yo dónde se iría
Se llamaba, no sé, y sonreía

Y era un pajarillo de blancas alas
De balcón en balcón, de plaza en plaza
Vendedora de amor, ofrecedora
Para el mejor postor de su tonada

Oisillon

Du maquillage à gogo, elle en mettait tous les jours
et vendait sa peau à prix d'or,
de huit à dix, sur un coin de rue,
elle était jeune et belle, rose et épine.

Elle s'appelait... je sais pas... jamais su,
jamais demandé, jamais eu le temps
pour son temps et sa peau, c'était une gamine
et je l'ai juste regardée, de trou en trou.

Et c'était un oisillon aux ailes blanches,
de balcon en balcon, de place en place,
vendeuse d'amour, offreuse
pour le meilleur enchérisseur de sa mélodie.

Cinq hivers passèrent, et elle était toujours là,
la même heure qu'hier, le même coin,
elle était jeune et belle, et elle avait encore
la rose de sa peau, et l'épine plus grande.

Et elle souriait aux regards des passants,
sous ce lampadaire, nuit après nuit ;
vingt fois elle a été emmenée en prison
et elle a chanté sa chanson derrière les barreaux.

Et c'était un oisillon aux ailes blanches,
de balcon en balcon, de place en place,
vendeuse d'amour, offreuse
pour le meilleur enchérisseur de sa mélodie.

Sa peau s'est ridée, et le maquillage
n'a pas suffi à cacher
la marque laissée par le sixième hiver,
elle a perdu sa couleur, et même son souffle.

Et de huit à dix, seule au coin,
restait ce lampadaire et cette épine ;
la rose, je ne sais pas où elle est partie,
elle s'appelait... je sais pas !... et souriait.

Et c'était un oisillon aux ailes blanches,
de balcon en balcon, de place en place,
vendeuse d'amour, offreuse
pour le meilleur enchérisseur de sa mélodie.

Escrita por: José María Napoleón