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Cafétéria de Buenos Aires

Juan Carlos Baglietto

Cafetin De Buenos Aires

De chiquilin, te miraba de afuera
como a esas cosas que nunca se fueron
la ñata contra el vidrio
en un azul de frio
que solo fue despues viviendo
igual al mio.
como una escuela de todas las cosas
ya de muchacho me diste entre asombros
el cigarrillo
la fe en mis sueños
y una esperanza de amor.

Como olvidarte en esta queja
cafetin de buenos aires
si sos lo unico en la vida
que se parecio a mi vieja.
en tu mezcla milagrosa
de sabiondos y suicidas
yo aprendi filosofia, dados, timba
y la poesia cruel
de no pensar mas en mi.

Me diste en oro un puñado de amigos
que son los mismos que alientan mis dias
Jose el de quimera
Marciel, que aun cree y espera
y el flaco Abel -que se nos fue-
pero aun me guia.
sobre tus mesas que nunca preguntan
lloré una tarde el primer desengaño
nací a penas, bebí mis años
y me entregue sin luchar.

Cafétéria de Buenos Aires

Depuis gamin, je te regardais de l'extérieur
comme ces choses qui ne sont jamais parties
le nez collé au verre
dans un bleu de froid
qui n'est venu qu'après avoir vécu
comme le mien.
comme une école de toutes les choses
déjà jeune, tu m'as donné des surprises
la cigarette
la foi en mes rêves
et un espoir d'amour.

Comment t'oublier dans ce cri
cafétéria de Buenos Aires
si tu es la seule chose dans la vie
qui ressemblait à ma mère.
dans ton mélange miraculeux
de savants et de suicidés
j'ai appris la philosophie, les dés, le poker
et la poésie cruelle
de ne plus penser à moi.

Tu m'as donné en or une poignée d'amis
qui sont les mêmes qui encouragent mes jours
José le rêveur
Marciel, qui croit encore et espère
et le maigre Abel -qui nous a quittés-
mais qui me guide encore.
sur tes tables qui ne posent jamais de questions
j'ai pleuré un après-midi le premier désenchantement
je suis né à peine, j'ai bu mes années
et je me suis laissé aller sans me battre.

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