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Éclipse de Mer

Juan Carlos Baglietto

Eclipse de Mar

Hoy dice el periódico
Que ha muerto una mujer que conocí
Que ha caído en su campo el Athletic
Y que ha amanecido nevando en parís

Que han hallado un bolsa de coca
Que a piscis y a acuario
Les toca el vinagre y la hiel
Que aprobó el parlamento europeo
Una ley a favor de abolir el deseo
Que falló la vacuna anti sida
Que un golpe de estado ha triunfado en la luna
Y movidas así

Pero nada decía el diario de hoy
De esta sucia pasión, de este lunes marrón
Del obsceno sabor a cubata de ron de tu piel
Del olor a colonia barata del amanecer
De este cuarto sin medias ni besos
De este frío de agosto en los huesos
Como un bisturí

Hoy amor, como siempre
En el diario no hablaban de ti
En el diario no hablaban de ti
En el diario no hablaban de ti, ni de mí
Hoy amor, igual que ayer como siempre
En el diario no hablaban de ti
En el diario no hablaban de ti
En el diario no hablaban de ti, ni de mí

Hoy dijo la radio
Que han hallado muerto al niño que yo fui
Que han pagado un fangote de pelas
Por una acuarela falsa de Dalí
Que ha subido la bolsa en el cielo
Que siguen las putas en huelga de celo en Moscú
Que subió la marea
Que fusilan mañana a Jesús de Judea
Que creció el agujero de ozono
Que el hombre de hoy es el padre del mono
Del año dos mil

Pero nada decía el programa de hoy
De este eclipse de mar, de este salto mortal
De tu voz tiritando en la cinta del contestador
De las manchas que deja el olvido a través del colchón
Del otoño como una amenaza
Del dolor de encontrar en las tazas
Tus huellas de carmín

Hoy amor, como siempre
En el diario no hablaban de ti
En la radio no hablaban de ti
En el diario no hablaban de ti, ni de mí
Hoy amor, igual que ayer, como siempre
En el diario no hablaban de ti
En la diario no hablaban de ti
En el diario no hablaban de ti, ni de mí

Éclipse de Mer

Aujourd'hui le journal dit
Qu'une femme que j'ai connue est morte
Que l'Athletic a chuté dans son champ
Et qu'il a neigé à Paris au matin

Qu'ils ont trouvé un sac de coke
Que ça touche les Poissons et les Verseaux
Le vinaigre et la fiel leur sont réservés
Que le parlement européen a voté
Une loi pour abolir le désir
Que le vaccin contre le sida a échoué
Qu'un coup d'État a triomphé sur la lune
Et des trucs comme ça

Mais rien ne disait le journal d'aujourd'hui
De cette passion sale, de ce lundi marron
Du goût obscène de ton corps, comme un cubata de rhum
De l'odeur de parfum bon marché au lever du jour
De cette chambre sans draps ni baisers
De ce froid d'août dans les os
Comme un bistouri

Aujourd'hui mon amour, comme toujours
Dans le journal, ils ne parlaient pas de toi
Dans le journal, ils ne parlaient pas de toi
Dans le journal, ils ne parlaient pas de toi, ni de moi
Aujourd'hui mon amour, comme hier, comme toujours
Dans le journal, ils ne parlaient pas de toi
Dans le journal, ils ne parlaient pas de toi
Dans le journal, ils ne parlaient pas de toi, ni de moi

Aujourd'hui la radio a dit
Qu'ils ont trouvé mort l'enfant que j'étais
Qu'ils ont payé une fortune
Pour une aquarelle fausse de Dalí
Que la bourse a grimpé dans le ciel
Que les putes sont en grève de chaleur à Moscou
Que la marée a monté
Qu'ils fusillent demain Jésus de Judée
Que le trou de la couche d'ozone a grandi
Que l'homme d'aujourd'hui est le père du singe
De l'an deux mille

Mais rien ne disait le programme d'aujourd'hui
De cette éclipse de mer, de ce saut périlleux
De ta voix frissonnante sur le répondeur
Des taches que laisse l'oubli à travers le matelas
De l'automne comme une menace
De la douleur de trouver dans les tasses
Tes empreintes de rouge à lèvres

Aujourd'hui mon amour, comme toujours
Dans le journal, ils ne parlaient pas de toi
À la radio, ils ne parlaient pas de toi
Dans le journal, ils ne parlaient pas de toi, ni de moi
Aujourd'hui mon amour, comme hier, comme toujours
Dans le journal, ils ne parlaient pas de toi
Dans le journal, ils ne parlaient pas de toi
Dans le journal, ils ne parlaient pas de toi, ni de moi

Escrita por: Joaquín Sabina / Luis Eduardo Aute