395px

Maria

Julio Sosa

Maria

Que vieja y cansada imágen me devuelve el espejo
Ah, si pudieras verme
Solo aquí en la gris penumbra de mi pieza
De este cuarto nuestro, que parece tan grande desde que faltas tú
Sabe Dios por qué senderos de infortunios paseará tu tristeza
Y yo solo con tu adiós golpeándome el alma
Mientras que la madrugada febril de mi desesperanza
Me trae el eco alucinado de tu paso pequeño que te aleja
Y la música triste de tus palabras
Que se ván adelgazando hasta el silencio

Acaso te llamaras solamente María
No sé si eras el eco de una vieja canción
Pero hace mucho, mucho, fuiste hondamente mía
Sobre un paisaje triste desmayado de amor

Un otoño te trajo mojando de agonía
Tu sombrerito pobre y el tapado marrón
Si eras como la calle de la melancolía
Que llovía, llovía, sobre tu corazón

María, en las sombras de mi pieza
Es tu paso el que regresa
María, y es tu voz pequeña y triste
La del día en que dijiste
Ya no hay nada entre los dos
María, la más mía la lejana
Si volviera otra mañana
Por las calles del adiós

Tus ojos eran puertos que guardaban ausentes
Horizontes de sombras y un pasado de Sol
Pero tus manos buenas regresaron presentes
Para curar mi fiebre teñida de amor

Un otoño te fuiste, tu nombre era María
Y nunca supe nada de tu rumbo infeliz
Si eras como la calle de la melancolía
Que llovía, llovía, sobre la calle gris

María, en las sombras de mi pieza
Es tu paso el que regresa
María, y es tu voz pequeña y triste
La del día en que dijiste
Ya no hay nada entre los dos
María, la más mía la lejana
Si volviera otra mañana
Por las calles del adiós

Maria

Que vieille et fatiguée image me renvoie le miroir
Ah, si tu pouvais me voir
Juste ici dans la grisaille de ma chambre
Dans cette pièce à nous, qui semble si grande depuis que tu es partie
Dieu sait par quels chemins d'infortune ta tristesse vagabondera
Et moi, seul avec ton adieu frappant mon âme
Tandis que l'aube fiévreuse de mon désespoir
Me ramène l'écho halluciné de ton petit pas qui s'éloigne
Et la musique triste de tes mots
Qui s'amenuisent jusqu'au silence

Peut-être que tu t'appelais seulement Maria
Je ne sais pas si tu étais l'écho d'une vieille chanson
Mais il y a longtemps, longtemps, tu étais profondément mienne
Sur un paysage triste évanoui d'amour

Un automne t'a apportée, mouillée d'agonie
Ton pauvre chapeau et le manteau marron
Si tu étais comme la rue de la mélancolie
Qui pleuvait, pleuvait, sur ton cœur

Maria, dans l'ombre de ma chambre
C'est ton pas qui revient
Maria, et c'est ta voix petite et triste
Celle du jour où tu as dit
Il n'y a plus rien entre nous
Maria, la plus mienne, la lointaine
Si tu revenais un matin
Par les rues de l'adieu

Tes yeux étaient des ports qui gardaient des absences
Des horizons d'ombres et un passé de soleil
Mais tes bonnes mains sont revenues présentes
Pour guérir ma fièvre teintée d'amour

Un automne tu es partie, ton nom était Maria
Et je n'ai jamais su rien de ton triste chemin
Si tu étais comme la rue de la mélancolie
Qui pleuvait, pleuvait, sur la rue grise

Maria, dans l'ombre de ma chambre
C'est ton pas qui revient
Maria, et c'est ta voix petite et triste
Celle du jour où tu as dit
Il n'y a plus rien entre nous
Maria, la plus mienne, la lointaine
Si tu revenais un matin
Par les rues de l'adieu

Escrita por: Cátulo Castillo / Aníbal Troilo