Canción Para Carito
Sentado solo en un banco en la ciudad
con tu mirada recordando el litoral
tu suerte quiso estar partida
mitad verdad, mitad mentira
como esperanza de los pobres prometida
Andando solo bajo la llovizna gris
fingiendo duro que tu vida fue de aquí
porque cambiaste un mar de gente
por donde gobierna la flor
mirá que el río nunca regaló el color
Carito, suelta tu pena
se haga diamante tu lágrima
entre mis cuerdas
Carito, suelta tu piedra
para volar como el zorzal
en primavera
En Buenos Aires los zapatos son modernos
pero no lucen como en la plaza de un pueblo
dejá que tu luz chiquitita
hable en secreto a la canción
para que te ilumine un poco más el sol
Cualquier semilla, cuando es planta, quiere ver
la misma estrella de aquel atardecer
que la salvó del pico agudo
refugiándola al oscuro
de la gaviota arrasadora de los surcos
Carito, yo soy tu amigo
me ofrezco árbol
para tu nido
Carito, suelta tu canto
que el abanico en mi acordeón
lo está esperando.
Chanson Pour Carito
Assis seul sur un banc dans la ville
avec ton regard se remémorant le littoral
la chance a voulu être partagée
moitié vérité, moitié mensonge
comme l'espoir promis aux pauvres
Marchant seul sous la bruine grise
faisant semblant que ta vie vient d'ici
parce que tu as échangé une mer de gens
pour un endroit où gouverne la fleur
regarde que le fleuve n'a jamais offert la couleur
Carito, lâche ta peine
que ta larme devienne diamant
entre mes cordes
Carito, lâche ta pierre
pour voler comme le merle
au printemps
À Buenos Aires, les chaussures sont modernes
mais elles ne brillent pas comme sur la place d'un village
laisse ta petite lumière
parler en secret à la chanson
pour que le soleil t'éclaire un peu plus
N'importe quelle graine, quand elle devient plante, veut voir
la même étoile de ce coucher de soleil
qui l'a sauvée du bec acéré
la réfugiant dans l'obscurité
de la mouette dévastatrice des sillons
Carito, je suis ton ami
je me propose comme arbre
pour ton nid
Carito, lâche ton chant
que le ventilateur de mon accordéon
l'attend.
Escrita por: Antonio Tarrago Ros / León Gieco