395px

Dernier Adieu

Los Tigres Del Norte

Último Adiós

Y bien
Ahí estás ya en medio de cuatro velas
Para ti, no existen penas
Ni sin sabores, ni hastío
En cambio, este pecho mío
Que ha sido tan solo tuyo
Míralo ahora rendido
Sin rencores, sin orgullo

Sin recordar el pasado que tanto daño nos hizo
Todo aquello está olvidado
Fue así porque Dios lo quiso

Yo estoy muy cerquita parado
Aquí llevo horas
Tú, en cambio, estás quietecita
Aunque sé que no me ignoras

Los demás que te rodean
Los que a velarte han venido
Ríen y se secretean
Que poquito te han sentido

Tu padre está aquí presente
Tú sabes cuanto me ha odiado
Hoy veo sudarle la frente y permanecer callado
Cabizbajo y pensativo
Quizá por fin comprendió
Que con el hecho de amarnos
Nunca le hemos ofendido

Tu madre, que es una santa
Ella que te quiso tanto
Mírala sola en su banca
Bañada en un mar de llanto

Me mira tan dulcemente a intervalos de su llanto
Que daría la vida entera por que no sufriera tanto
¿Te acuerdas aquella tarde que nos halló platicando?
Nos previno de tu padre y luego se fue bromeando

Ya te lo dije esa tarde y hoy lo vuelvo a repetir
Con gente como tu madre, vale la pena vivir

Pero qué noche tan corta y en qué momento pasó
El Sol se asomó a tu puerta y en un instante subió
Y es que todo ha terminado
Lo más difícil se vino

Tu cuerpo lo hemos sacado
Y avanzas por el camino
Tú vas primero que nadie
Todos nosotros formando una fila interminable

Tú en una carroza ploma y mil palomas volando
Míralas, míralas, aquí nos vienen siguiendo
Quizá piensan que te asomas
Creerán que las vienes viendo

Por fin pasamos el pueblo, sus casas quedaron atrás
Y para mí no hay consuelo, yo sé que no volverás
Se ha detenido el cortejo y yo te llevo en mis brazos
Pero, en cada paso, dejo mi alma, que está hecha pedazos

Adiós, pues, por vez postrera
Adiós, mi única ilusión
No esperes puño de tierra, ¿para qué?
Si allí llevas mi corazón
Porque déjame decirte que sentí un viento tan frío
He venido a despedirte
Dios te bendiga, amor mío
Descansa en paz

Dernier Adieu

Et bien
Te voilà déjà au milieu de quatre bougies
Pour toi, il n'y a pas de peines
Ni de désagréments, ni de lassitude
En revanche, ce cœur qui est le mien
Qui n'a été que le tien
Regarde-le maintenant, épuisé
Sans rancune, sans fierté

Sans se souvenir du passé qui nous a tant fait de mal
Tout ça est oublié
C'était ainsi parce que Dieu l'a voulu

Je suis tout près, debout
Ici, j'attends depuis des heures
Toi, en revanche, tu es immobile
Bien que je sache que tu ne m'ignores pas

Les autres qui t'entourent
Ceux qui sont venus veiller sur toi
Rient et chuchotent
Ils ne t'ont pas vraiment ressentie

Ton père est ici présent
Tu sais combien il m'a haï
Aujourd'hui, je le vois perler de sueur et rester silencieux
La tête baissée et pensif
Peut-être qu'il a enfin compris
Qu'en nous aimant
Nous ne l'avons jamais offensé

Ta mère, qui est une sainte
Elle qui t'a tant aimé
Regarde-la seule sur son banc
Baignée dans un océan de larmes

Elle me regarde si doucement entre ses pleurs
Qu'elle donnerait sa vie entière pour ne pas souffrir autant
Te souviens-tu de cet après-midi où elle nous a trouvés en train de discuter ?
Elle nous a prévenus de ton père et puis elle est partie en plaisantant

Je te l'ai dit cet après-midi et je le répète aujourd'hui
Avec des gens comme ta mère, ça vaut la peine de vivre

Mais quelle nuit si courte et à quel moment ça s'est passé
Le soleil s'est pointé à ta porte et en un instant, il est monté
Et tout est fini
Le plus difficile est arrivé

Nous avons sorti ton corps
Et tu avances sur le chemin
Tu es devant tout le monde
Nous formons tous une file interminable

Toi dans une voiture funéraire et mille colombes volant
Regarde-les, regarde-les, elles viennent nous suivre
Peut-être pensent-elles que tu te montres
Elles croiront que tu les vois

Enfin, nous avons passé le village, ses maisons sont restées derrière
Et pour moi, il n'y a pas de consolation, je sais que tu ne reviendras pas
Le cortège s'est arrêté et je te porte dans mes bras
Mais, à chaque pas, je laisse mon âme, qui est en mille morceaux

Adieu, donc, pour la dernière fois
Adieu, ma seule illusion
N'attends pas un poing de terre, à quoi bon ?
Puisque là, tu emportes mon cœur
Car laisse-moi te dire que j'ai ressenti un vent si froid
Je suis venu te dire adieu
Que Dieu te bénisse, mon amour
Repose en paix