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Bagazo

Luis Alberto Posada

Bagazo

Acaso no te da remordimiento
Es que no ves mi dolorosa angustia
Tiene tu entraña un corazón tan negro
Que hace sufrir y eso es lo que te gusta

Yo te saque del insondable abismo
Donde tus gritos de clamor morían
Y al verte a salvo de tu cruel suplicio
Quisiste en pago destruir mi vida

Si no pudiste aquella ves matarme
Con el letal veneno que escondías
La misma pócima de tu brebaje
De amor sedienta beberás un día

Oveja mansa yo era en tu rebaño
A tus placeres jamás protestaba
Calladamente chupaba el bagazo
De impuras mieles que otros saboreaban

Cuando retornes al pasado triste
Ya sin en cantos que ofrecerle al mundo
Pasaras lento por donde estuviste
Y entre recuerdos seguirás tu rumbo

Bagazo

Tu n'as pas de remords, c'est ça ?
Tu ne vois pas ma douleur, ma souffrance ?
Ton cœur est si noir, au fond de toi,
Tu aimes faire souffrir, c'est ça qui te plaît.

Je t'ai sorti de l'abîme sans fond,
Où tes cris de désespoir s'éteignaient.
Et en te voyant libre de ton supplice,
Tu as voulu, en retour, détruire ma vie.

Si tu n'as pas pu me tuer cette fois,
Avec le poison mortel que tu cachais,
La même potion de ton breuvage,
Un jour, tu devras en boire la coupe.

J'étais une douce brebis dans ton troupeau,
Je ne protestais jamais contre tes désirs.
Silencieusement, je suçais le bagazo,
Des miels impurs que d'autres savouraient.

Quand tu retourneras vers ton triste passé,
Sans chants à offrir au monde,
Tu passeras lentement par là où tu étais,
Et parmi les souvenirs, tu poursuivras ton chemin.