395px

Larmes Vertes

Luis Reinaldi

Lágrimas Verdes

Atrás quedan las luces
De las calles dormidas
Y me alejo sin prisa
De mi San Salvador

Voces amanecidas
Se escuchan desde arriba
Y es un eco en la risa
De algún trasnochad

Me miro en un remanso
Del pecho del río Chico
Recojo sus secretos
Yala me dice adiós

De a poquito mi quena
Va incendiando lapachos
Un ceibo por Lozano
Canta rojo de amor

Quién sabe si una tarde
Embriagado de Puna
Un sauce me prestara
Su ramerío llorón

Y me encuentre tus ojos
Y en sus lágrimas verdes
Me cuente lo que sientes
Al recordar mi amor

El marrón de tus ojos
Se amanece en Tumbaya
Y le pido a mi Virgen
Allá en Punta Corral

Qué te alegre los días
Aunque yo me desangre
Tocando mi charango
Sé que no volverás

La tarde pinta lienzos
De cerro en Purmamarca
Se enamora en Tilcara
Canta en el Pucará

Me besa el Río Grande
Con su boca de arcilla
En sus manos de piedra
Carga mi soledad

Quién sabe si una tarde
Embriagado de Puna
Un sauce me prestara
Su ramerío llorón

Y me encuentre tus ojos
Y en sus lágrimas verdes
Me cuente lo que sientes
Al recordar mi amor

Larmes Vertes

Derrière restent les lumières
Des rues endormies
Et je m'éloigne sans hâte
De mon San Salvador

Des voix au petit matin
Se font entendre d'en haut
Et c'est un écho dans le rire
D'un noctambule

Je me regarde dans un havre
Du sein du río Chico
Je recueille ses secrets
Et là, elle me dit adieu

Petit à petit ma quena
Enflamme les lapachos
Un ceibo par Lozano
Chante rouge d'amour

Qui sait si un après-midi
Enivré par la Puna
Un saule me prêtera
Son feuillage pleureur

Et je croise tes yeux
Et dans leurs larmes vertes
Ils me racontent ce que tu ressens
En te remémorant mon amour

Le marron de tes yeux
Se lève à Tumbaya
Et je demande à ma Vierge
Là-bas à Punta Corral

Qu'elle égaye tes jours
Bien que je me vide de mon sang
En jouant de mon charango
Je sais que tu ne reviendras pas

L'après-midi peint des toiles
De colline à Purmamarca
Elle tombe amoureuse à Tilcara
Chante au Pucará

Le Río Grande m'embrasse
Avec sa bouche d'argile
Dans ses mains de pierre
Elle porte ma solitude

Qui sait si un après-midi
Enivré par la Puna
Un saule me prêtera
Son feuillage pleureur

Et je croise tes yeux
Et dans leurs larmes vertes
Ils me racontent ce que tu ressens
En te remémorant mon amour

Escrita por: Luis Reinaldi