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Buenos Aires

Manuel Romero

Buenos Aires

Buenos Aires la Reina del Plata,
Buenos Aires mi tierra querida;
escuchá mi canción
que con ella va mi vida.

En mis horas de fiebre y orgía,
harto ya de placer y locura,
en ti pienso patria mía
para calmar mi amargura.

Noches porteñas, bajo tu manto
dichas y llanto muy juntos van.
Risas y besos, farra corrida,
todo se olvida con el champán.

Y a la salida de la milonga
se oye a una nena pidiendo pan,
por algo es que en el gotán
siempre solloza una pena.

Y al compás rezongón de los fuelles
un bacán a la mina la embrolla,
y el llorar del violín va
pintando el alma criolla.

Buenos Aires, cual a una querida
si estás lejos mejor hay que amarte,
y decir toda la vida
antes morir que olvidarte.

Buenos Aires

Buenos Aires, la Reine du Plata,
Buenos Aires, ma terre chérie ;
écoute ma chanson
qui emporte ma vie.

Dans mes heures de fièvre et d'orgie,
ras-le-bol de plaisir et de folie,
dans tes bras, ma patrie,
pour apaiser mon amertume.

Nuits portuaires, sous ton manteau,
joies et pleurs se mêlent, c'est beau.
Rires et baisers, fête à gogo,
tout s'oublie avec le champagne.

Et à la sortie de la milonga,
une gamine demande du pain,
pour une raison, dans le gotán,
une peine toujours se plaint.

Et au rythme râpeux des soufflets,
un beau gosse embrouille la fille,
et les pleurs du violon
peignent l'âme créole.

Buenos Aires, comme une amante,
s'il te faut loin, mieux vaut t'aimer,
et dire toute ma vie
avant de mourir que de t'oublier.

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