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Amarraditos

Maria Dolores Pradera

Amarraditos

Vamos amarraditos los dos
Espumas y terciopelo
Yo con un recrujir de almidón
Y tú, serio y altanero

La gente nos mira con envidia por la calle
Murmuran los vecinos
Los amigos y el alcalde
Dicen que no se estila ya más
Ni mi peinetón, ni mi pasador

Dicen que no se estila, no, no
Ni mi medallón ni tu cinturón
Yo sé que se estilan
Tus ojazos y mi orgullo
Cuando voy de tu brazo
Por el sol y sin apuro

Nos espera nuestro cochero frente a la iglesia mayor
Y a trotecito lento, recorremos el paseo
Tú saludas tocando el ala de tu sombrero mejor
Y yo agito con donaire mi pañuelo

No se estila, ya sé que no se estila
Que te pongas para cenar
Jazmines en el ojal
Desde luego parece un juego
Pero no hay nada mejor
Que ser un señor de aquellos
Que vieron mis abuelos

Nos espera nuestro cochero
Frente a la iglesia mayor
Y a trotecito lento recorremos el paseo
Tú saludas tocando el ala de tu sombrero mejor
Y yo agito con donaire mi pañuelo

No se estila, ya sé que no se estila
Que te pongas para cenar
Jazmines en el ojal
Desde luego parece un juego
Pero no hay nada mejor
Que ser un señor de aquellos
Que vieron mis abuelos

Amarraditos

Allons amarrés tous les deux
Écume et velours
Moi avec un froissement d'amidon
Et toi, sérieux et hautain

Les gens nous regardent avec envie dans la rue
Les voisins murmurent
Les amis et le maire
Disent que ça ne se fait plus
Ni ma grosse pince, ni mon barrette

Ils disent que ça ne se fait plus, non, non
Ni mon médaillon ni ta ceinture
Je sais que ça se fait encore
Tes grands yeux et ma fierté
Quand je marche à ton bras
Sous le soleil et sans hâte

Notre cocher nous attend devant la grande église
Et à petits pas lents, nous parcourons le chemin
Toi, tu salues en touchant le bord de ton meilleur chapeau
Et moi, je fais virevolter mon mouchoir avec élégance

Ça ne se fait plus, je sais que ça ne se fait plus
Que tu portes pour le dîner
Des jasmins à la boutonnière
Ça semble bien sûr un jeu
Mais il n'y a rien de mieux
Que d'être un homme de ceux
Qui ont vu mes grands-parents

Notre cocher nous attend
Devant la grande église
Et à petits pas lents, nous parcourons le chemin
Toi, tu salues en touchant le bord de ton meilleur chapeau
Et moi, je fais virevolter mon mouchoir avec élégance

Ça ne se fait plus, je sais que ça ne se fait plus
Que tu portes pour le dîner
Des jasmins à la boutonnière
Ça semble bien sûr un jeu
Mais il n'y a rien de mieux
Que d'être un homme de ceux
Qui ont vu mes grands-parents

Escrita por: Belisario Pérez