La Ciudad de Brujas
Si ustedes vieran el invierno
En la ciudad de Brujas
Es un invierno tan antiguo
Y no parece acabar nunca
Hay un solicito fugitivo
Que las abuelas buscan
Y se sientan en la vereda
Para enhebrarlo en sus agujas
Hay calles de nadie y silencio
Casas de piedra mustia
Muchos canales y canales
Donde el agua está quieta y muda
Con señorial aburrimiento
Los cisnes se aventuran
A patinar sobre la escarcha
Bajo puentes de musgo y bruma
Flores de tiza por el cielo
Los molinos dibujan
Y sueñan fábulas de harina
Recuerdan pan lleno de arrugas
Campanas de los campanarios
Se sueltan todas juntas
A cantar viejas alegrías
De mentiras como la lluvia
Si ustedes vieran el invierno
En la ciudad de Brujas
Es como un sueño de juguete
Abandonado por la Luna
La Ville de Bruges
Si vous voyiez l'hiver
Dans la ville de Bruges
C'est un hiver si ancien
Et il ne semble jamais finir
Il y a un fugitif en quête
Que les grands-mères cherchent
Et elles s'assoient sur le trottoir
Pour l'enfiler dans leurs aiguilles
Il y a des rues désertes et du silence
Des maisons de pierre fanée
Beaucoup de canaux et de canaux
Où l'eau est calme et muette
Avec un ennui majestueux
Les cygnes s'aventurent
À patiner sur le givre
Sous des ponts de mousse et de brume
Des fleurs de craie dans le ciel
Les moulins dessinent
Et rêvent de contes de farine
Se rappellent du pain plein de rides
Les cloches des clochers
Se libèrent toutes ensemble
Pour chanter de vieilles joies
De mensonges comme la pluie
Si vous voyiez l'hiver
Dans la ville de Bruges
C'est comme un rêve en jouet
Abandonné par la Lune
Escrita por: Maria Elena Walsh