Hacerte Venir
Si yo pudiera llevarte a ocultas donde voy
y regalarte toda la niebla de un día gris;
enamorarte a media voz cuando ni el viento me pueda oir;
si yo pudiera de donde estoy, hacerte venir.
Si yo pudiera hallar lugar y amarte a ti
desvistiendo las tantas horas de quietud;
guardar lo intenso de ese olor a fin de enero y por vivir;
si yo pudiera de donde estoy, hacerte venir.
Si yo pudiera ganar la brisa y ver el mar
delineando la irrealidad de tu existir;
juntar suspiro y soledad cuando el olvido debe partir.
Si yo pudiera de donde estoy, ay amor, hacerte venir
para encender la ciudad y el sol con ademanes de tempestad;
si yo pudiera de donde estoy ganar la brisa y volver al mar.
Si yo pudiera ahogar la brisa, la humedad
y proponerme salvar el beso que elegí;
alimentar la claridad de una esperanza aún por teñir;
si yo pudiera de donde estoy, hacerte venir.
Si yo pudiera ahogar la sed, la edad, la voz,
reconquistarte con lo que queda por decir;
unir de un golpe mi ansiedad y la curva suave de tu sentir.
Si yo pudiera de donde estoy, ay amor, hacerte venir
no hubiera árboles que violentar, ni bandoleras que consentir.
Si yo pudiera de donde estoy, ay amor, hacerte venir
tener tu boca y tu corazón cuando el deseo me quiera hervir.
Si yo pudiera de donde estoy, ay amor, hacerte venir.
Si yo pudiera de donde estoy, ay amor, hacerte venir.
Te Faire Venir
Si je pouvais t'emmener en cachette où je vais
et te donner toute la brume d'un jour gris ;
te faire tomber amoureux à mi-voix quand même le vent ne peut m'entendre ;
si je pouvais, d'où je suis, te faire venir.
Si je pouvais trouver un endroit et t'aimer toi
en déshabillant les nombreuses heures de calme ;
préserver l'intensité de cette odeur de fin janvier et vivre ;
si je pouvais, d'où je suis, te faire venir.
Si je pouvais gagner la brise et voir la mer
esquissant l'irréalité de ton existence ;
réunir soupir et solitude quand l'oubli doit partir.
Si je pouvais, d'où je suis, oh amour, te faire venir
pour enflammer la ville et le soleil avec des gestes de tempête ;
si je pouvais, d'où je suis, gagner la brise et retourner à la mer.
Si je pouvais étouffer la brise, l'humidité
et me proposer de sauver le baiser que j'ai choisi ;
nourrir la clarté d'un espoir encore à teindre ;
si je pouvais, d'où je suis, te faire venir.
Si je pouvais étouffer la soif, l'âge, la voix,
te reconquérir avec ce qu'il reste à dire ;
unir d'un coup mon anxiété et la courbe douce de ton ressenti.
Si je pouvais, d'où je suis, oh amour, te faire venir
il n'y aurait pas d'arbres à violenter, ni de bandits à tolérer.
Si je pouvais, d'où je suis, oh amour, te faire venir
avoir ta bouche et ton cœur quand le désir veut me faire bouillir.
Si je pouvais, d'où je suis, oh amour, te faire venir.
Si je pouvais, d'où je suis, oh amour, te faire venir.