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L'Ange Simón

Nacho Vegas

El Angél Simón

Simón, desde que te fuiste tengo que decir
Que la verdad, no estamos nada mal sin ti
También es cierto que podríamos estar mejor
Pero ya ves, las buenas cosas mueren bajo el sol
Y ahora es la memoria mi guía
Porque eso sí, pienso en ti cada día
Desde aquella mañana de agosto
Reinventada hasta la saciedad
Sin lograr encontrar nada de nada
Ni una explicación ni un porqué
Al que poder aferrarme
(Y ahora no sé por qué
Viene a mi mente el colchón
Que tuvimos que bajar Javi y yo a la basura
Sin poder dejar de mirar esa mancha oscura
Que allí nos dejaste como herencia y recuerdo
Antes de partir en tu último viaje
Probablemente al infierno)

Y me vas a disculpar
Si nunca te llevo rosas
Me vas a permitir
Contar algunas cosas
Sobre lo poco que sé
De tus días de vino y rosas
Con todas las bromas
Como aquella en que al pasar delante de una funeraria
Nos decías "agachaos, no vaya a ser
Que os tomen las medidas"
Ese era tu consejo, tu sabio consejo
Y no estuvo mal, pero se te olvidó
Algo importante:
Tú también tenías que agacharte
Sí, tú también tenías que agacharte
Pero nunca quisiste cuidarte
No, nunca quisiste cuidarte.

Y quiero pensar que por una vez
Hice algo mejor que tú
Quiero pensar que por una vez
Hice algo mejor
Que tú que ni siquiera
Acabaste esa carta de despedida
Que en el ordenador Santi encontró perdida
Y ahora que perdiste tan absurdamente la partida
Ahora estoy cansado
Y hasta tengo miedo de mi propia vida
Y sé que lo tendré toda la puta vida
Decida lo que decida

Bueno, al final tal vez tuviste suerte
Porque tal vez -dímelo tú-
Mejor que ser un hombre solo y arruinado
Resulte ser, como dijo el juez, "el finado"
(Mientras se tapaba la nariz con su pañuelo)
Y desde cualquier lugar
Dondequiera que ahora te estés pudriendo
Sólo quiero que sepas que ya no te tengo miedo
Que ahora estoy cansado
Y sólo tengo miedo de mi propia vida
Y que sé que lo tendré
Toda la puta vida
Decida lo que decida

Como tú siempre decías
"Formalidad poca, pero que dure"
Como tú siempre decías

Gracias

Así es y así será
Toda mi vida
Decida lo que decida.

L'Ange Simón

Simón, depuis que t'es parti, je dois dire
Que la vérité, on s'en sort pas si mal sans toi
C'est vrai aussi qu'on pourrait aller mieux
Mais tu sais, les bonnes choses meurent sous le soleil
Et maintenant, c'est la mémoire qui me guide
Parce que oui, je pense à toi chaque jour
Depuis ce matin d'août
Réinventé jusqu'à l'absurde
Sans réussir à trouver quoi que ce soit
Ni une explication ni un pourquoi
Sur lequel m'accrocher
(Et maintenant je ne sais pas pourquoi
Vient à mon esprit le matelas
Que Javi et moi avons dû descendre à la poubelle
Sans pouvoir arrêter de regarder cette tache sombre
Que tu nous as laissée comme héritage et souvenir
Avant de partir pour ton dernier voyage
Probablement en enfer)

Et tu vas me pardonner
Si je ne t'apporte jamais de roses
Tu vas me permettre
De raconter quelques trucs
Sur ce que je sais
De tes jours de vin et de roses
Avec toutes les blagues
Comme celle où en passant devant une pompes funèbres
Tu disais "Accroupissez-vous, ne serait-ce que
Pour qu'on ne vous prenne pas les mesures"
C'était ton conseil, ton sage conseil
Et c'était pas mal, mais tu as oublié
Quelque chose d'important :
Toi aussi, tu devais t'accroupir
Oui, toi aussi, tu devais t'accroupir
Mais tu n'as jamais voulu prendre soin de toi
Non, tu n'as jamais voulu prendre soin de toi.

Et je veux penser que pour une fois
J'ai fait quelque chose de mieux que toi
Je veux penser que pour une fois
J'ai fait quelque chose de mieux
Que toi qui n'as même pas
Fini cette lettre d'adieu
Que Santi a trouvée perdue sur l'ordinateur
Et maintenant que tu as perdu si absurdement la partie
Maintenant je suis fatigué
Et j'ai même peur de ma propre vie
Et je sais que je l'aurai toute ma putain de vie
Quoi que je décide

Eh bien, au final, peut-être que tu as eu de la chance
Parce que peut-être -dis-le moi-
Mieux que d'être un homme seul et ruiné
C'est d'être, comme a dit le juge, "le défunt"
(Même en se bouchant le nez avec son mouchoir)
Et d'où que tu sois
Où que tu pourrisses maintenant
Je veux juste que tu saches que je n'ai plus peur de toi
Que maintenant je suis fatigué
Et que j'ai juste peur de ma propre vie
Et que je sais que je l'aurai
Toute ma putain de vie
Quoi que je décide

Comme tu disais toujours
"Peu de formalité, mais que ça dure"
Comme tu disais toujours

Merci

Ainsi soit-il et ainsi ce sera
Toute ma vie
Quoi que je décide.

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