Caminante No Hay Camino
Todo pasa y todo queda
Pero lo nuestro es pasar
Pasar haciendo camino
Camino sobre la mar
Nunca perseguí la gloria
Y dejar en la memoria
De los hombres mi canción
Yo amo los mundos sutiles
Ingrávidos y gentiles
Como pompas de jabón
Me gusta verlos, pintarse de Sol y grana volar
Bajo el cielo azul temblar súbitamente y quebrarse
Nunca perseguí la gloria
Caminante, son tus huellas del camino y nada más
Caminante, no hay camino, se hace camino al andar
Al andar se hace el camino
Y al volver la vista atrás
Se ve la senda que nunca se ha de volver a pisar
Caminante, no hay camino, sino estelas en la mar
Hace algún tiempo en ese lugar
Donde hoy los bosques se visten de espino
Se oyó la voz de un poeta gritar
Caminante, no hay camino, se hace camino al andar
Golpe a golpe, verso a verso
Murió el poeta lejos del hogar
Le cubre el polvo de un país vecino
Al alejarse, le vieron llorar
Caminante, no hay camino, se hace camino al andar
Golpe a golpe, verso a verso
Cuando el jilguero no quiere cantar
Cuando el poeta es un peregrino
Cuando de nada nos sirve rezar
Caminante, no hay camino, se hace camino al andar
Golpe a golpe, verso a verso
Cuando el jilguero no quiere cantar
Cuando el poeta es un peregrino
Cuando de nada nos sirve rezar
Caminante, no hay camino, se hace camino al andar
Golpe a golpe, verso a verso
Cuando el jilguero no quiere cantar
Cuando el poeta es un peregrino
Cuando de nada nos sirve rezar
Caminante, no hay camino, se hace camino al andar
Golpe a golpe, verso a verso
Antonio Machado, Cantares
Marcheur, Il N'y A Pas de Chemin
Tout passe et tout reste
Mais ce qui nous appartient, c'est de passer
Passer en traçant un chemin
Un chemin sur la mer
Je n'ai jamais cherché la gloire
Et laisser dans la mémoire
Des hommes ma chanson
J'aime les mondes subtils
Légers et délicats
Comme des bulles de savon
J'aime les voir, se peindre de soleil et de rouge, voler
Sous le ciel bleu trembler soudain et se briser
Je n'ai jamais cherché la gloire
Marcheur, ce sont tes traces sur le chemin et rien de plus
Marcheur, il n'y a pas de chemin, on fait le chemin en marchant
En marchant, le chemin se fait
Et en revenant sur ses pas
On voit le sentier qu'on ne doit jamais re-piétonner
Marcheur, il n'y a pas de chemin, juste des sillages sur la mer
Il y a quelque temps, à cet endroit
Où aujourd'hui les forêts s'habillent d'épines
On entendit la voix d'un poète crier
Marcheur, il n'y a pas de chemin, on fait le chemin en marchant
Coup par coup, vers par vers
Le poète est mort loin de chez lui
Il est recouvert de la poussière d'un pays voisin
En s'éloignant, on l'a vu pleurer
Marcheur, il n'y a pas de chemin, on fait le chemin en marchant
Coup par coup, vers par vers
Quand le chardonneret ne veut pas chanter
Quand le poète est un pèlerin
Quand prier ne nous sert à rien
Marcheur, il n'y a pas de chemin, on fait le chemin en marchant
Coup par coup, vers par vers
Quand le chardonneret ne veut pas chanter
Quand le poète est un pèlerin
Quand prier ne nous sert à rien
Marcheur, il n'y a pas de chemin, on fait le chemin en marchant
Coup par coup, vers par vers
Quand le chardonneret ne veut pas chanter
Quand le poète est un pèlerin
Quand prier ne nous sert à rien
Marcheur, il n'y a pas de chemin, on fait le chemin en marchant
Coup par coup, vers par vers
Antonio Machado, Chants