Son Oscuro
Espeso viento
te da en la cara
la vida aprisa,
piedra rodando,
y tú en tu calma mágica.
Violento espejo,
mi canto te habla,
llega a tu orilla,
y en tus silencios
tú te le quedas pálida.
Cuando se estruja mi alma
añora palma y pulpa de mamey
y conmovida en sus raíces salta
volcando al agua un cuenco de café.
Quise esconder mi alma,
quise esconder mi alma
pero se le ve.
Ahora ya no hay misterio,
ahora ya el misterio
se me fue.
Quise esconder mi alma
pero se me ve.
Ya no hay misterio,
ya el misterio
se me fue.
Quise esconder mi alma
pero se me ve.
y donde dije dos
no es uno, sino tres.
Avieso invento
el que te amarra,
abre su fosa,
viene y se posa,
como una deuda inválida.
Acento viejo
de la palabra,
el universo de lo que siento,
te hace una mueca trágica.
Segunda patria la noche
cerró con broche de oro el sueño aquel,
puso su oscuridad en la palabra
pero así y todo, alumbra lo que es.
Son Obscur
Un vent épais
te frappe au visage
la vie à toute allure,
une pierre qui roule,
et toi dans ton calme magique.
Un miroir violent,
mon chant te parle,
il atteint ton rivage,
et dans tes silences
tu restes toute pâle.
Quand mon âme se tord
elle rêve de palmiers et de pulpe de mamey
et émue dans ses racines elle bondit
renversant l'eau d'un bol de café.
J'ai voulu cacher mon âme,
j'ai voulu cacher mon âme
mais on la voit.
Maintenant il n'y a plus de mystère,
même le mystère
s'est envolé.
J'ai voulu cacher mon âme
mais on la voit.
Il n'y a plus de mystère,
le mystère
s'est envolé.
J'ai voulu cacher mon âme
mais on la voit.
et là où j'ai dit deux
ce n'est pas un, mais trois.
Une invention sournoise
qui t'attache,
ouvre sa fosse,
vient et se pose,
comme une dette invalide.
Un accent ancien
de la parole,
l'univers de ce que je ressens,
te fait une grimace tragique.
Seconde patrie, la nuit
ferma le rêve avec un fermoir en or,
mit son obscurité dans la parole
mais malgré tout, elle éclaire ce qui est.