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El condenado a muerte (En mi cuello)

Ogéret Marc

Le condamné à mort (Sur mon cou)

Sur mon cou sans armure et sans haine, mon cou
Que ma main plus lègère et grave qu'une veuve
Effleure sous mon col, sans que ton cœur s'émeuve
Laisse tes dents poser leur sourire de loup.

Ô viens mon beau soleil, ô viens ma nuit d'Espagne
Arrive dans mes yeux qui seront morts demain.
Arrive, ouvre ma porte, apporte-moi ta main
Mène-moi loin d'ici battre notre campagne.

Le ciel peut s'éveiller, les étoiles fleurir
Ni les fleurs soupirer, et des prés l'herbe noire
Accueillir la rosée où le matin va boire
Le clocher peut sonner : moi seul je vais mourir.

Ô viens mon ciel de rose, ô ma corbeille blonde !
Visite dans sa nuit ton condamné à mort.
Arrache-toi la chair, tue, escalade, mords
Mais viens ! Pose ta joue contre ma tête ronde.

Nous n'avions pas fini de nous parler d'amour.
Nous n'avions pas fini de fumer nos gitanes.
On peut se demander pourquoi les Cours condamnent
Un assassin si beau qu'il fait pâlir le jour.

Amour, viens sur ma bouche ! Amour, ouvre tes portes !
Traverse les couloirs, descends, marche léger
Vole dans l'escalier plus souple qu'un berger
Plus soutenu par l'air qu'un vol de feuilles mortes.

Ô traverse les murs, s'il le faut marche au bord
Des toits, des océans, couvre-toi de lumière
Use de la menace, use de la prière
Mais viens, ô ma frégate, une heure avant ma mort.

El condenado a muerte (En mi cuello)

En mi cuello sin armadura y sin odio, mi cuello
Que mi mano más ligera y grave que una viuda
Rozando bajo mi cuello, sin que tu corazón se conmueva
Deja que tus dientes de lobo dibujen su sonrisa.

Oh ven mi hermoso sol, oh ven mi noche de España
Llega a mis ojos que estarán muertos mañana.
Ven, abre mi puerta, tráeme tu mano
Llévame lejos de aquí a recorrer nuestro campo.

El cielo puede despertar, las estrellas florecer
Ni las flores suspirar, y la hierba negra de los prados
Recibir el rocío donde la mañana va a beber
El campanario puede sonar: yo solo voy a morir.

Oh ven mi cielo de rosa, oh mi cesta rubia
Visita en su noche a tu condenado a muerte.
Arráncate la carne, mata, escala, muerde
¡Pero ven! Apoya tu mejilla contra mi cabeza redonda.

No habíamos terminado de hablar de amor.
No habíamos terminado de fumar nuestros cigarrillos gitanos.
Se puede preguntar por qué los tribunales condenan
A un asesino tan hermoso que hace palidecer el día.

Amor, ven a mi boca! Amor, abre tus puertas!
Recorre los pasillos, baja, camina ligero
Vuela por la escalera más ágil que un pastor
Más sostenido por el aire que un vuelo de hojas muertas.

Oh atraviesa las paredes, si es necesario camina al borde
De los techos, de los océanos, cúbrete de luz
Usa la amenaza, usa la súplica
Pero ven, oh mi fragata, una hora antes de mi muerte.

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