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La fille du Guatemala

Oscar Chavez

La niña de Guatemala

Quiero a la sombra de un ala
Contaré este cuento en flor
La niña de Guatemala
La que se murió de amor

Ay, eran de lirios los ramos
Y las orlas de reseda
Y de jazmín la enterramos
En una caja de seda

Ella dio al desmemoriado
Una almohadilla de olor
Él volvió, volvió casado
Ella se murió de amor

Iban cargándola en andas
Obispos y embajadores
Detrás iba el pueblo en tandas
Todo cargado de flores

Ella por volverlo a ver
Salió a verlo al mirador
Él volvió con su mujer
Ella se murió de amor

Como de bronce candente
Al beso de despedida
Era su frente la frente
Que más he amado en mi vida

Se entró de tarde en el río
La sacó muerta el doctor
Dicen que murió de frío
Yo sé que murió de amor

Allá en la bóveda helada
La pusieron en dos bancos
Besé su mano afilada
Besé sus zapatos blancos, ay

Callado, al oscurecer
Me llamó el enterrador
Nunca más he vuelto a ver
A la que murió de amor

La fille du Guatemala

Je veux à l'ombre d'une aile
Raconter cette histoire en fleurs
La fille du Guatemala
Celle qui est morte d'amour

Ah, c'étaient des lys les bouquets
Et les bordures de réséda
Et de jasmin on l'a enterrée
Dans une boîte de soie

Elle a donné au désinvolte
Un coussin parfumé
Il est revenu, revenu marié
Elle est morte d'amour

On la portait en litière
Évêques et ambassadeurs
Derrière, le peuple en cortège
Tout chargé de fleurs

Elle, pour le revoir
Est sortie au belvédère
Il est revenu avec sa femme
Elle est morte d'amour

Comme du bronze brûlant
Au baiser d'adieu
C'était son front le front
Que j'ai le plus aimé dans ma vie

Elle est entrée dans la rivière
Le docteur l'a sortie morte
On dit qu'elle est morte de froid
Je sais qu'elle est morte d'amour

Là-bas dans la voûte glacée
On l'a mise sur deux bancs
J'ai embrassé sa main fine
J'ai embrassé ses chaussures blanches, ah

Silencieusement, à la tombée de la nuit
Le fossoyeur m'a appelé
Je n'ai jamais revu
Celle qui est morte d'amour

Escrita por: José Martí / Oscar Chávez