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La chanson de la rue Sumec

Отава Ё

Сумецкая

oh, kto tam yedet? ko tam yedet? kto tam yedet posmotri?
na khromoy to na kobile, eto nashi skobari
skobari narod poteshnyy, yedut s yarmarki domoy
kto razdetyy, kto razutyy, kto s razbitoy golovoy

vy sygrayte mne takogo skobarya poteshnogo
chtoby bryukho ne bolelo u menya, u greshnogo
vy sygrayte mne takogo, chtoby nogi drygali
chtoby vsyaki soplenosy pered nam ne prygal

oy, polomatsya, polomatsya, polomatsya khochetsya
a skazat'-to i po pravde, i podratsya khochetsya
eto chey tam paren'yok vydaiot kolenza
ne dostalos' by emu osinova polenca

na gulyanku sobiralas', batka sunul pyatachok
mamka na ukho shepnila: ne napeysya, durachok
ya otchayannym rodilsya i nichem ne dorozhu
yesli golovu otrubyat, ya poleno privyazhu

lomayusya, sgibayusya, skazhu, chto ne zdorov
prinesite mne pol-litru i ne nado doktorov
my v grobu togo vidali, kto nas pyanitsey nazval
na svoi my den'gi pili, nam nikto ne podaval

menya bili-kolotili, vsyo po glazu narovili
ugadali po plechu, ya stoyu i khokhochu
oy, ne vsyo zhe s gorya plakat', oy, ne vsyo zhe mne tuzhit'
dayte malen'koe vremechko vesyolomu pobyt'

u podruzhki rusy kosi nizhe poyasa vilis'
okh, za eti rusy kosi my s tovarishchem dralis'
oy, tovarishch moy oryol, do chego zh menya dovyol
dovyol do lesa tyomnogo, do domika kazyonnogo

poigralisya, podralis', a pridetsya posidet'
za zheleznoyu reshetykoyu na volyu poglyadet'
petrogradskaya tyurma, s povorotom lesenki
my s tovarishchem sideli, raspevali pesenki

ty igraj, ya budu pet', ne tak zivot budet bolet'
puskay lyudi pro nas sudyat, veselyey budet sidet'

La chanson de la rue Sumec

oh, qui là-bas arrive ? qui là-bas arrive ? qui là-bas arrive, regarde ?
ceux sur le dos d’une jument boiteuse, ce sont nos saltimbanques
un peuple de saltimbanques amusants, rentrant de la foire
qui est nu, qui est débraillé, qui a la tête en sang

jouez-moi un saltimbanque drôle comme ça
de sorte que mon ventre ne me fasse pas mal, à moi, le pécheur
jouez-moi un comme ça, que mes jambes dansent
de sorte que tous ces déguingandés ne sautent pas devant nous

oh, j'ai envie de me casser, de me casser, j'ai envie de me casser
et pour dire la vérité, j'ai envie de me déchirer
c'est qui, ce gamin à l'autre bout ?
qu'il ne lui manque rien dans sa vie, pauvre fou

au bal, papa a mis la pièce
maman a murmuré à l'oreille : ne bois pas trop, idiot
je suis né désespéré et je n'en ai rien à foutre
dar l'auto, j'attacherai un tronc

je me plie, je me casse, je dirai que je ne vais pas bien
apportez-moi un demi-litre, pas besoin de docteurs
nous avons connu un type qui nous a appelés ivrognes
avec notre propre argent, on a bu, personne ne nous a servis

ils m'ont frappé, m'ont cogné, tout leur est tombé dans l'œil
ils devinaient au son, je reste et je ris aux éclats
oh, ce n'est pas tout de pleurer de désespoir, oh, je ne suis pas ici dans la tourmente
laissez-moi un petit moment de tranquillité pour rigoler un bon coup

chez la copine, ses tresses pendaient au-dessous de la ceinture
oh, pour ces tresses, moi et mon pote, on s'est battus
oh, mon camarade l'aigle, où m'as-tu traîné ?
jusqu'à la sombre forêt, jusqu'à la maison des hôtes

on a joué, on s'est chamaillés, et maintenant on va devoir s'asseoir
derrière les barreaux pour voir la lumière de l'extérieur
la prison de Pétrograd, avec un virage d'escalier
mon camarade et moi, on était là, chantant des chansons

toi joue, je vais chanter, mieux vaut que la vie fasse moins mal
laisse les gens parler de nous, ça sera plus gai d'être coincés.

Escrita por: Отава Ё