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Espagne en Marche

Paco Ibañez

España en Marcha

Nosotros somos quien somos.
¡Basta de Historia y de cuentos!
¡Allá los muertos! Que entierren como Dios manda a sus muertos.

Ni vivimos del pasado,
ni damos cuerda al recuerdo.
Somos, turbia y fresca, un agua que atropella sus comienzos.

Somos el ser que se crece.
Somos un río derecho.
Somos el golpe temible de un corazón no resuelto.

Somos bárbaros, sencillos.
Somos a muerte lo ibero
que aún nunca logró mostrarse puro, entero y verdadero.

De cuanto fue nos nutrimos,
transformándonos crecemos
y así somos quienes somos golpe a golpe y muerto a muerto.

¡A la calle! que ya es hora
de pasearnos a cuerpo
y mostrar que, pues vivimos, anunciamos algo nuevo.

No reniego de mi origen
pero digo que seremos
mucho más que lo sabido, los factores de un comienzo.

Españoles con futuro
y españoles que, por serlo,
aunque encarnan lo pasado no pueden darlo por bueno.

Recuerdo nuestros errores
con mala saña y buen viento.
Ira y luz, padre de España, vuelvo a arrancarte del sueño.

Vuelvo a decirte quién eres.
Vuelvo a pensarte, suspenso.
Vuelvo a luchar como importa y a empezar por lo que empiezo.

No quiero justificarte
como haría un leguleyo,
Quisiera ser un poeta y escribir tu primer verso.

España mía, combate
que atormentas mis adentros,
para salvarme y salvarte, con amor te deletreo.

Espagne en Marche

Nous sommes qui nous sommes.
Fini l'Histoire et les contes !
Qu'ils enterrent les morts ! Que Dieu s'occupe de leurs morts.

On ne vit pas du passé,
On ne remonte pas le souvenir.
Nous sommes, trouble et fraîche, une eau qui bouscule ses débuts.

Nous sommes l'être qui grandit.
Nous sommes un fleuve droit.
Nous sommes le coup redoutable d'un cœur indécis.

Nous sommes des barbares, simples.
Nous sommes à mort l'ibère
qui n'a jamais réussi à se montrer pur, entier et vrai.

De tout ce qui fut, nous nous nourrissons,
se transformant, nous grandissons
et ainsi nous sommes qui nous sommes, coup après coup, mort après mort.

Dans la rue ! il est temps
de nous montrer au grand jour
et de montrer que, puisque nous vivons, nous annonçons quelque chose de nouveau.

Je ne renie pas mes origines
mais je dis que nous serons
bien plus que ce qui est connu, les facteurs d'un commencement.

Espagnols avec un avenir
et espagnols qui, en étant,
bien qu'incarnant le passé, ne peuvent pas le considérer comme bon.

Je me souviens de nos erreurs
avec mauvaise foi et bon vent.
Colère et lumière, père de l'Espagne, je te tire à nouveau du rêve.

Je te redis qui tu es.
Je te pense à nouveau, suspendu.
Je me bats comme il se doit et je commence par ce que je commence.

Je ne veux pas te justifier
comme le ferait un juriste,
Je voudrais être un poète et écrire ton premier vers.

Espagne à moi, combat
qui tourmente mes entrailles,
pour me sauver et te sauver, avec amour je t'épelle.

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