Nocturno
Lo que tanto se sufre sin sueño por la sangre
Se escucha que palpita solamente la rabia
Que en los tuétanos tiembla despabilado el odio
Y en las médulas arde continua la venganza
Las palabras entonces no sirven, son palabras
Manifiestos, escritos, comentario, discursos
Humaredas perdidas, neblinas estampadas
Que dolor de papeles que ha de barrer el viento
Que tristeza de tinta que ha de borrar el agua
Las palabras entonces no sirven, son palabras
Ahora sufro lo pobre, lo mezquino lo triste
Lo desgraciado y muerto que tiene una garganta
Cuando desde el abismo de su idioma quisiera
Gritar lo que no puede por imposible y calla
Las palabras entonces no sirven, son palabras
Manifiestos, escritos, comentario, discursos
Humaredas perdidas, neblinas espantadas
Que dolor de papeles que ha de llevar el viento
Que tristeza de tinta que ha de borrar el agua
Las palabras entonces no sirven, son palabras
Siento esta noche heridas de muerte las palabras
Nocturne
Ce que l'on souffre tant sans sommeil à cause du sang
On entend battre seulement la rage
Qui dans les moelles tremble, le dégoût éveillé
Et dans les nerfs brûle sans cesse la vengeance
Les mots alors ne servent à rien, ce ne sont que des mots
Manifeste, écrits, commentaires, discours
Des fumées perdues, des brumes imprimées
Quel douleur de papiers que le vent va balayer
Quelle tristesse d'encre que l'eau va effacer
Les mots alors ne servent à rien, ce ne sont que des mots
Maintenant je souffre de la pauvreté, de la mesquinerie, de la tristesse
De la malchance et de la mort qui a une gorge
Quand depuis l'abîme de sa langue il voudrait
Crier ce qu'il ne peut pas, par impossible, et se taire
Les mots alors ne servent à rien, ce ne sont que des mots
Manifeste, écrits, commentaires, discours
Des fumées perdues, des brumes effrayées
Quel douleur de papiers que le vent va emporter
Quelle tristesse d'encre que l'eau va effacer
Les mots alors ne servent à rien, ce ne sont que des mots
Je sens cette nuit des blessures mortelles dans les mots