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Selon le souffle du vent

Violeta Parra

Según El Favor Del Viento

Según el favor del viento
Va navegando el leñero
Atrás quedaron las rucas
Para dentrar en el puerto
Corra sur o corra norte
La barquichuela gimiendo
Llorando estoy
Sea con hambre o con sueño
Me voy, me voy

Del norte viene el pellín
Que colorea en cubierta
Habrán de venderlo en Castro
Aunque la lluvia esté abierta
Lo quema el sol de lo alto
Como un infierno sin puerta
Llorando estoy
O la mar esté revuelta
Me voy, me voy

En un rincón de la barca
Está hirviendo la tetera
A un lado pelando papas
Las manos de alguna isleña
¿Será la madre del indio,
La novia o la compañera?
Llorando estoy
Navegan lunas enteras
Me voy, me voy

No es vida la del chilote
No tiene letra ni pleito
Tamango llevan sus pies
Milcao y ají en su cuerpo
Pellín para calentarse
Del frío de los gobiernos
Llorando estoy
Que le quebrantan los huesos
Me voy, me voy

Despierte, el hombre, despierte
Despierte por un momento
Despierte toda la patria
Antes que se abran los cielos
Y venga el trueno furioso
Con el clarín de San Pedro
Llorando estoy
Y barra los ministerios
Me voy, me voy

Quisiera morir cantando
Sobre de un barco leñero
Y cultivar en sus aguas
Un libro más justiciero
Con letras de oro que digan
No hay padre para el isleño
Llorando estoy
Ni viento pa' su leñero
Me voy, me voy

Selon le souffle du vent

Selon le souffle du vent
Le bûcheron navigue
Derrière restent les rucas
Pour entrer dans le port
Qu'il souffle du sud ou du nord
La barque gémit
Je pleure
Que ce soit de faim ou de sommeil
Je m'en vais, je m'en vais

Du nord vient le pellín
Qui colore le pont
Ils devront le vendre à Castro
Même si la pluie tombe
Le soleil le brûle d'en haut
Comme un enfer sans porte
Je pleure
Que la mer soit agitée
Je m'en vais, je m'en vais

Dans un coin de la barque
La théière bout
D'un côté, on épluche des patates
Les mains d'une insulaire
Est-ce la mère de l'indien,
La fiancée ou la compagne ?
Je pleure
Des lunes entières naviguent
Je m'en vais, je m'en vais

La vie du chilote n'est pas une vie
Elle n'a ni lettre ni conflit
Tamango portent ses pieds
Milcao et piment dans son corps
Pellín pour se réchauffer
Du froid des gouvernements
Je pleure
Qui lui brisent les os
Je m'en vais, je m'en vais

Réveille-toi, homme, réveille-toi
Réveille-toi un instant
Réveille toute la patrie
Avant que les cieux ne s'ouvrent
Et que le tonnerre furieux vienne
Avec le clairon de Saint-Pierre
Je pleure
Et balaye les ministères
Je m'en vais, je m'en vais

Je voudrais mourir en chantant
Sur un bateau bûcheron
Et cultiver dans ses eaux
Un livre plus juste
Avec des lettres d'or qui disent
Il n'y a pas de père pour l'insulaire
Je pleure
Ni de vent pour son bûcheron
Je m'en vais, je m'en vais

Escrita por: Violeta Parra