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Ivette

Pascual Contursi

Ivette

En la puerta de un boliche
un bacán encurdelado,
recordando su pasado
que la china lo dejó,
entre los humos de caña
retornan a su memoria
esas páginas de historia
que su corazón grabó.

Bulín que ya no te veo,
catre que ya no apolillo,
mina que de puro esquillo
con otro bacán se fue;
prenda que fuiste el encanto
de toda la muchachada
y que por una pavada
te acoplaste a un no sé qué...

¡Qué te ha de dar ese otro
que tu viejo no te ha dado!
¿No te acordás que he robado
pa que no falte el bullón?
¿No te acordás cuando en cana
te mandaba en cuadernitos
aquellos lindos versitos
nacidos del corazón?

¿No te acordás que conmigo
usaste el primer sombrero
y aquel cinturón de cuero
que a otra mina le saqué?
¿No te traje pa tu santo
un par de zarzos de bute
que una noche a un farabute
del cotorro le pianté.
Y con ellos unas botas
con las cañas de gamuza
y una pollera papusa
hecha de seda crepé?

¿No te acordás que traía
aquella crema lechuga
que hasta la última verruga
de la cara te sacó?
Y aquellos polvos rosados
que aumentaban tus colores…
Recordando sus amores
el pobre bacán lloró...

Ivette

À la porte d'un bar
un gars bien sapé,
se remémorant son passé
que la fille l'a laissé,
parmi les fumées de canne
reviennent à sa mémoire
ces pages d'histoire
que son cœur a gravées.

Boulot que je ne te vois plus,
lit que je ne squatte plus,
fille qui, par pure folie,
a filé avec un autre gars ;
chérie qui étais le charme
de toute la jeunesse
et qui, pour une broutille,
a craqué pour un je-ne-sais-quoi...

Qu'est-ce qu'il va te donner, cet autre,
que ton vieux ne t'a pas donné ?
Tu te souviens que j'ai volé
pour que le fric ne manque pas ?
Tu te souviens quand en taule
je t'envoyais dans des carnets
ces jolis petits vers
nés du cœur ?

Tu te souviens qu'avec moi
tu as porté le premier chapeau
et cette ceinture en cuir
que j'ai piquée à une autre fille ?
Je ne t'ai pas apporté pour ta fête
deux bouquets de fleurs
que, une nuit, à un voyou
j'ai piqué dans le coin.
Et avec ça, des bottes
avec des tiges en daim
et une jupe en soie
faite de crêpe ?

Tu te souviens que j'apportais
cette crème miracle
qui a même enlevé la dernière verrue
de ton visage ?
Et ces poudres roses
qui faisaient ressortir tes couleurs...
En se remémorant ses amours,
le pauvre gars a pleuré...