Los Olvidados
Los olvidados
Los que retumban en la memoria
Los perseguidos
De anochecida en mitad del cerro
Los exiliados
Los que jamás volvieron a ver correr a sus hijos
Las olvidadas
Las que escondían pan en el mimbre
Las perseguidas
Y señaladas en todo el pueblo
Las exiliadas
Las que jamás volvieron a ver correr a sus hijas
No olvidaré
Para que haya servido de algo tanto desvelo
Para que no se pierda el poema bajo el sombrero
No olvidaré
Para poder hablarle a mis hijos de los abuelos
Para que un día al fin descansen, justos, los huesos
No olvidaré
A las maestras
Que tanto hicieron por esta letra
Y a las artistas
Las que burlaran a la censura
Las guerrilleras
Que resistieron los bombardeos en las trincheras
Los escondidos
Por 30 años tras un armario
Los acusados
Y fusilados por sus ideas
Los extinguidos
Abandonados bajo este suelo sin una rosa
Las silenciadas
Las que del miedo quedaron mudas
Las que parieron
Y les privaron de la semilla
Las invisibles
Hoy las nombramos para que su llama
Nunca se extinga
No olvidaré
Para que haya servido de algo tanto desvelo
Para que no se pierda el poema bajo el sombrero
No olvidaré
Para poder hablarle a mis hijos de los abuelos
Para que un día al fin descansen, justos, los huesos
No olvidaré
Les Oubliés
Les oubliés
Ceux qui résonnent dans la mémoire
Les persécutés
De nuit tombée au milieu de la colline
Les exilés
Ceux qui n'ont jamais revu leurs enfants courir
Les oubliées
Celles qui cachaient du pain dans le osier
Les persécutées
Et désignées dans tout le village
Les exilées
Celles qui n'ont jamais revu leurs filles courir
Je n'oublierai pas
Pour que tant de veilles aient servi à quelque chose
Pour que le poème ne se perde pas sous le chapeau
Je n'oublierai pas
Pour pouvoir parler à mes enfants de leurs grands-parents
Pour qu'un jour enfin reposent, justes, les os
Je n'oublierai pas
Aux maîtresses
Qui ont tant fait pour cette langue
Et aux artistes
Celles qui ont défié la censure
Les guérilleras
Qui ont résisté aux bombardements dans les tranchées
Les cachés
Pendant 30 ans derrière un placard
Les accusés
Et fusillés pour leurs idées
Les éteints
Abandonnés sous ce sol sans une rose
Les réduites au silence
Celles qui, de peur, sont restées muettes
Celles qui ont donné naissance
Et ont été privées de la semence
Les invisibles
Aujourd'hui nous les nommons pour que leur flamme
Ne s'éteigne jamais
Je n'oublierai pas
Pour que tant de veilles aient servi à quelque chose
Pour que le poème ne se perde pas sous le chapeau
Je n'oublierai pas
Pour pouvoir parler à mes enfants de leurs grands-parents
Pour qu'un jour enfin reposent, justes, les os
Je n'oublierai pas