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Et Tous Les Jours

Piero

Y Todos Los Días

Aprendí a crecer, por la ciudad vacía
Buscandome el pan, pan, pan, de cada día
El mundo me dolía por dentro
Viajaba la noche hasta el silencio
Mientras crecía, mientras crecía

Fuí habitante del barrio
Tuve muchos amigos
Entre loria y pavón, pavón
Fuí conocido; fuí ladrón de propinas
Cafetín, fue mi oficio de pibe, chiquilín
Y así seguía, y así seguía

Y todos los días, y todos los días
La gente laburaba, noche y día
Todos los días, todos los días
Y todos los días, y todos los días
Los diarios publicaban porquerías
Todos los días, todos los días

Trabajando la noche, fuí por los bares
Fui mirando el amor, amor de los señores
Levantando la copa se abrazaban
Con la guita del pobre se pagaban
Y así vivían, y así vivían

Y así yo crecí, por la ciudad vacía
Mofándome al pan, pan, pan, de cada día
Inquilino tristón de las orillas
Acuné el bandoneón en mis rodillas
Y así seguía, y así seguí

Mientras crecía así seguía
Y así vivía todos los días, y yo comía casi todos los días
Pero seguía y aprendía
Todos los días y me dolía
Todos los días, todos los días
Todos los días

Et Tous Les Jours

J'ai appris à grandir, dans la ville déserte
À chercher mon pain, pain, pain, de chaque jour
Le monde me faisait mal au fond
Je voyageais la nuit jusqu'au silence
Pendant que je grandissais, pendant que je grandissais

J'étais habitant du quartier
J'avais plein d'amis
Entre loria et pavón, pavón
J'étais connu ; j'étais voleur de pourboires
Cafetín, c'était mon job de gamin, petit
Et ainsi je continuais, et ainsi je continuais

Et tous les jours, et tous les jours
Les gens bossaient, nuit et jour
Tous les jours, tous les jours
Et tous les jours, et tous les jours
Les journaux publiaient des conneries
Tous les jours, tous les jours

Travaillant la nuit, je traînais dans les bars
Je voyais l'amour, amour des messieurs
En levant le verre, ils s'enlaçaient
Avec l'argent des pauvres, ils payaient
Et ainsi ils vivaient, et ainsi ils vivaient

Et moi, je grandissais, dans la ville déserte
Me moquant du pain, pain, pain, de chaque jour
Locataire triste des rives
J'ai bercé le bandonéon sur mes genoux
Et ainsi je continuais, et ainsi je continuai

Pendant que je grandissais, ainsi je continuais
Et ainsi je vivais tous les jours, et je mangeais presque tous les jours
Mais je continuais et j'apprenais
Tous les jours et ça me faisait mal
Tous les jours, tous les jours
Tous les jours.

Escrita por: Jose Tcherkaski, Piero de Benedectis